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attentat

  • C'était un 11 septembre...

    ChatGPT Image 11 sept. 2026, 15_16_33.png

    Il fait beau. Je reviens du boulot, et comme d'habitude je tourne en rond pour trouver une place de parking. J'écoute distraitement la radio, réglée sur Classic 21, la station pop et rock. Un flash d'information arrive à mes oreilles, je n'ai pas tout écouté, mais il est question d'avions de ligne qui percutent des immeubles aux Etats-Unis. Stupidement, je crois qu'il s'agit de la bande-annonce d'un film catastrophe car enfin, un évènement d'une telle envergure ne peut pas être réel. N'est-ce pas?

    J'arrive dans mon salon et j'allume la télé: tout est vrai. Les tours jumelles de Manhattan en feu, les avions, le chaos. Les images passent en boucle, et pendant de longues minutes c'est le déni et la sidération. La sensation n'est pas nouvelle: j'ai vécu 6 ans en Israël, je sais ce que c'est qu'un attentat terroriste.

    Le but de ce genre d'acte est en effet de terroriser. Et certaines personnes réagissent immédiatement par la peur. Pas moi. Mon réflexe "fuir ou combattre" s'enclenche en mode combat. La rage me fouaille comme un fouet de feu, absolue, immédiate. Mes tripes sont un bidon d'essence à haut niveau d'octane dans lequel on vient de jeter une allumette.

    Mes mains se crispent. Elles cherchent des armes à empoigner. Je ne suis pas à mon club de tir, mais la seule chose dont j'ai envie en ce moment précis est le contact de l'acier froid et bien huilé.

    Je pense à ma copine Sharon, qui habite Tucson, Arizona, et qui est à New York pour quelques jour pour des entretiens d'embauche. Ou peut être pas, je ne suis plus sûre de la date. J'essaie de l'appeler, pas moyen. Les lignes sont saturées, probablement pour laisser la priorité aux canaux de communication militaires et des services de secours.

    Nuit blanche avec l'estomac à vif. Je parviendrai à parler à Sharon vers quatre heures du matin, heure de Bruxelles. Je ne sais pas quoi dire, elle non plus. Nous nous mettons à pleurer des larmes de rage, d'impuissance et de douleur.

    Les années passent, mais le contrecoup demeure, comme la douleur fantôme dans un membre amputé. Je ne parviens pas à regarder des vieilles photos ou films de Manhattan avec les tours jumelles intactes sans avoir l'estomac serré.

    J'ai cessé d'aller au club de tir. Je n'ai pas aimé les pulsions de violence que j'ai senties en moi ce jour-là..

    Les réactions les plus remarquablement imbéciles vont suivre l'évènement. Les théories de conspiration fumeuses. Les andouilles qui battent leur coulpe en disant que, s'il arrive de telles choses au monde occidental, c'est que nous l'avons bien cherché. Le sanglot victimaire des adeptes de la tyrannie de la pénitence perpétuelle. Ou les odieux cornichons qui récupèrent la tragédie au service de leur racisme systémique. Le petit épicier arabe du coin en deviendrait presque Al-Qaïda à lui tout seul.

    Il y a une seule chose que j'ai envie de vous dire aujourd'hui: le sabre et le goupillon, la religion et la politique ne font pas bon ménage. C'est une union sordide souvent scellée dans le sang de gens qui vivaient leur vie tranquille sans rien demander à personne.

    Des massacres de la Saint Barthélémy - Dieu reconnaîtra les siens - aux tours jumelles de Manhattan en passant par la Promenade des Anglais de Nice et le Bataclan, une trace sanglante sert de trait d'union à tous ceux qui pensent détenir la vérité ultime, de droit divin. Quand une religion devient système politique intégriste, des massacres s'ensuivent toujours. Prenons garde.

    Méfions-nous aussi de ceux qui, par bas calcul électoral, flattent des groupes de personnes dont une partie est radicalisée et hostile à notre mode de vie, à notre République et sa salutaire séparation de l'Eglise et de l'Etat. Ceux-là sont noirs sous l'étiquette, et participent à la propagation du cancer intégriste. D'aucuns les ont récemment traités de collabos. Je plussoie, et des deux mains, ne vous en déplaise! Ce genre de métastase, il y a toujours un stade où ça saigne.

    Les métastases, le cancer, ou bien on l'éradique, ou bien on en crève...littéralement.

     

    A la revoyure,

    Juliette