Travelling arrière dans le temps. Je me souviens parfaitement de cette période où, du haut de mes 14 ans, j'ai découvert les méfaits du Nazisme au cours d'Histoire, complet avec l'endoctrinement des masses, le reformattage totalitaire de la société, et les horreurs du nettoyage ethnique que l'on connaît.
Au dela des images monstrueuses de déportés squelettiques, de boîtes de gaz asphyxiant Zyklon-B et de corps à demi carbonisés encore présents dans les fours crématoires, la question principale qui me turlupinait était d'ordre sociologique. J'avais hélas déjà intégré le fait que Homo sapiens recourt périodiquement à la guerre et aux meurtres de masse. Etait-ce du fatalisme et de la résignation? Je le crois volontiers, la nature humaine étant ce qu'elle est.
Mais la question qui me tourmentait le plus était la suivante: comment une société civilisée peut-elle glisser dans le totalitarisme (qu'il soit brun ou rouge) sans que les hommes de bien ne s'en rendent compte et y mettent le holà? Cela me paraissait invraisemblable. Je me persuadai petit à petit que je n'aurais jamais la réponse à cette question, quel que soit le nombre de livres que je pourrais lire.
Mais l'Histoire a la sale habitude de repasser les plats, et en ce XXIème siècle loin des totalitarismes historiques, j'ai enfin la réponse, et elle est glaçante.
Il y a quelques jours à Grenoble, l'artiste juive Barbara Butch s'est fait sortir de scène à coup de bouteilles, d'ordures et d'insultes antisémites. Sale juive! Sale sioniste! Dégage! Il y a en effet une partie très vocale de la faune d'extrême-gauche qui estime que tout Juif est forcément d'accord avec la politique de l'Etat d'Israël vis-à-vis de la question palestinienne. Rien n'est plus faux, et il y a à ce propos autant de nuances d'opinion qu'il y a de Juifs. Mais peu importent les nuances pour les enragés porteurs de keffiyehs.
Barbara Butch fut en effet victime d'une scène digne des années 1930. J'ai immédiatement pensé à ces photos de SturmAbteiling, les S.A., tristement célèbres Chemises Brunes national-socialistes, montant la garde devant des magasins tenus par des Juifs avec des pancartes disant: "Citoyens allemands, n'achetez pas chez les Juifs!" Autres temps, même méthodes.
Et Barbara Butch n'est pas la seule victime de cette cancel culture (culture de l'effacement) fleurant bon l'antisémitisme. D'autres artistes comme le chanteur Amir Haddad ont récemment subi le même sort.
Et que dire du chef d'orchestre israélien Lahav Shani déclaré persona non grata à des festivals en Europe, tout simplement à cause de sa nationalité? Peu importe qu'il ait à plusieurs reprises déclaré sa volonté d'une solution à deux états entre Palestiniens et Israéliens. peu importe qu'il ait dénoncé la brutalité de l'action de Tsahal à Gaza. Parce qu'il est israélien, cet homme a été accueilli par des campagnes virulentes de haine en ligne, issues d'une certaine frange de l'extrême-gauche.
Et le pire dans tout çà, c'est que les autorités pensèrent à déprogrammer ses concerts "afin de ne pas troubler l'ordre public". L'Etat qui ploie le genou devant les extrémistes!
Et que penser de la communauté scientifique? Des pétitions circulent, demandant l'arrêt de toute collaboration académique avec les chercheurs israéliens. Pourquoi? La guerre de Gaza, encore une fois. Décidément, les bouchers terroristes du Hamas n'ont pas gagné sur le terrain suite aux ignobles pogroms du 7 Octobre, mais ils ont bel et bien gagné dans les esprits d'une certaine Gauche. Et peu importe que l'écrasante majorité du monde académique israélien soit très à gauche et ait réclamé à corps et à cris l'arrêt des opérations militaires à Gaza! Pour une certaine clique, un bon israélien est un israélien boycotté.
Les Chemises Brunes montant une garde vigilante reviennent à l'esprit, une fois encore.
Et que se passe t-il dans l'opinion publique face à ces dérives inquiétantes? Rien, ou pas grand chose. Et c'est là qu'est la clé: le mal progresse, dans une indifférence relative.
Et en son temps, les Chemises Brunes tabassaient leurs opposants à mort dans les rues, instaurant ainsi un climat de terreur. Nous voyons également les prémisses de ce genre de choses dans nos rues. Vous souvenez-vous de Quentin Deranque, lynché à mort par des ex-membres de la Jeune Garde, clamant bien haut leur antifascisme?
Je n'oublierai pas la façon dont beaucoup à Gauche minimisèrent ce meurtre. Ah bah, ce n'était qu'une petite graine de facho qui l'avait sans doute un peu cherché, n'est-ce pas? C'était le même discours il y a un siècle lorsque les S.A. ou les S.S. tabassaient à mort un communiste - ah bah, ce n'était que de la vermine rouge de toute façon. C'est exactement la même logique, et les mêmes méthodes.
Une fois encore, peu de remous dans l'opinion publique une fois la petite vague d'émotion éteinte.
Et que dire de cet élu de la République, Baly Bagayoko pour le nommer, qui suggère qu'une victoire de la droite radicale aux élections de 2027 provoquerait une situation insurrectionnelle!
La triade noire du totalitarisme est présente, mes amis: violence politique et raciste, violence de rue, et suggestions séditieuses. Ce sont des graines totalitaires (dans le sens historique du terme) qui ne demandent qu'à germer.
J'ai enfin compris par quel mécanisme le totalitarisme risque de pointer le bout de son vilain nez: à pas de loup, petit à petit, et dans l'apathie générale d'une société démocratique qui ne criera au loup que lorsqu'il sera trop tard.
Ce qui est effrayant, ce n'est pas le bruit des bottes, c'est le silence des pantoufles.
Et si on les laisse faire, ces nouvelles Chemises Brunes viendront bien me trouver à un moment où l'autre. Parce que j'ai vécu en Israël, ou parce que j'ai été macroniste, ou parce que mon blog les dérange, ou parce qu'ils trouvent que je pue des pieds, que sais-je! Ils trouveront bien un prétexte pour m'attaquer, verbalement au mieux, physiquement au pire. Et vous subirez le même sort.
Il est grand temps de nommer l'ennemi actuel de la démocratie et de notre République. Pas l'adversaire, l'ennemi.
Monsieur Mélenchon en tête, et une bonne partie de la LFI sans doute. Ceux qui veulent tout conflictualiser et tout brutaliser. Ceux qui flattent dans le sens du poil un électorat dont une partie est islamisée, radicalisée, homophobe, misogyne et antisémite. Ceux qui appellent les nervis de l'ex Jeune Garde chers camarades admirables. Ceux qui gloussent en proférant des jeux de mots douteux sur les noms de personnalités juives lors de meetings. Ceux qui ont des députés fichés S siégeant à l'Assemblée Nationale.
Vous êtes des ennemis de la démocratie libérale. Je vous bloquerai dans les urnes, à chaque fois que je le pourrai, et par tous les moyens électoraux disponibles. Je ferai barrage systématiquement, et quel que soit le bulletin de vote que je doive choisir pour çà. Car le danger totalitaire, le vrai, a changé de bord.
Si cette déclaration vous déplaît, enlevez moi de votre bloguerolle, peu importe, mais ne vous trompez pas de fachos.
De nos jours, qui favorise l'antisémitisme?
Qui choisit pour base électorale des gens présentant des factions homophobres, mysogines, violentes?
Qui tabasse à mort dans les rues?
Qui préférerait l'insurrection au verdict des urnes?
Poser ces questions, c'est déjà y répondre.
Quant à ceux à Gauche qui trouvent opportun d'établir des accords avec LFI, laissez-moi vous dire ceci. Ce sont des accords de la honte. Vous ressemblez à ces députés modérés de la République de Weimar dans l'Allemagne des années 1930, qui se mirent au lit dans les urnes avec le parti National-Socialiste, espérant ainsi le neutraliser. On connaît le résultat.
Il faut vous réveiller de votre torpeur et de votre déni, m'sieurs dames. Car petit pas par petit pas, incident par incident, cachée sous des oripaux progressistes...
La peste est de retour.
A la revoyure,
Juliette Evola.




Hélas, je crois qu'au fond, Retailleau c'est un gentil. Il a beau sortir des discours de droite dure et tout le tralala, çà se voit à sa tête: quand il ne fait pas sa figure de prof de maths austère, il a un bon gros sourire de mec (trop) gentil. Il devrait dégager Wauquiez une bonne fois pour toutes. Le genre de non décisions dont il fait preuve dans ce type de situation n'augure rien de bon pour quelqu'un qui brigue la présidence.

