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Politique et sociologie

  • Le Pen: les mains dans la caisse, les yeux sur l'Elysée!

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    Tadaa! L'increvable Marinette est désormais condamnée pénalement pour détournement de fonds publics. Un petit rappel de la peine qui a été prononcée ce 7 juillet en appel:

    - 3 ans d'emprisonnement, dont 2 ans avec sursis et 1 an ferme sous bracelet électronique;

    - 100.000 euros d'amende;

    - 45 mois d'inégibilité, dont 30 mois avec sursis, ce qui a pour effet de la rendre à nouveau éligible pour la présidentielle de 2027.

    Comme je l'ai déjà mentionné, j'adore affubler nos politiques de surnoms. Je vais désormais appeler Marine Le Pen: Ma Dalton, en référence à la cheffe du gang criminel des Dalton dans la BD Lucky Luke de Goscinny.

    Ce billet n'évoquera même pas l'idéologie véhiculée par le RN, je vais me limiter aux conséquences de cette décision de justice. Il y a déjà beaucoup à en dire!

    Donc, à peine sortie du tribunal, l'ineffable Marinette s'est précipitée au journal de 20h pour annoncer sa candidature à l'élection présidentielle. Je crois me souvenir qu'elle avait en son temps déclaré que toute personne condamnée pour détournement de fons publics devrait être frappée d'inégibilité à vie. Mais diantre, charité bien ordonnée commence par soi-même...et la morale à géométrie variable aussi.

    Nous avons donc une repris de justice candidate à la magistrature suprême. La presse internationale ne s'est pas privée de réagir, et de façon générale les media de gauche et centre-gauche hésitent entre les ricanements et l'indignation. Je ne peux pas m'empêcher d'être d'accord avec eux et de citer un autre repris de justice célèbre en disant: quelle indignité!

    Ma Dalton se rend elle compte de l'impact de cette situation sur l'image de la France à l'étranger? Genre, qu'elle la rabaisse au rang d'une vulgaire république bananière

    Autrefois, quand on se faisait pincer la main dans la caisse, on évitait de la ramener et de réclamer la gestion de la trésorerie. Aujourd'hui, on explique avec un aplomb superbe que ce n'est pas gênant même quand on vise à gérer le pays.

    Le détournement de fonds publics? Une péripétie, une broutille. Presque un argument de campagne (le complot des juges rouges, toussa toussa). Marinette nous explique que ca n'est pas grave et que sa candidature est légitime, au nom du peuple, de la démocratie, des persécutions que son camp politique subit où de je ne sais quel tour de passe-passe où l'éthique valse à la trappe.

    C'est drôle: quand le citoyen lambda oublie de payer ses impôts, on lui rappelle que la loi est la loi. Mais dans le cas de Marinette, elle estime que ses agissements et la sanction qui en découle ne sont qu'une ligne insignifiante sur son CV. Je pense franchement qu'elle nous prend pour des jambons!

    Et on en revient encore et toujours à l'image désastreuse que les Français ont de la classe politique. Mais nom d'un chien, quand le gardien des clés du coffre a été surpris à fouiller dans la caisse, faut pas s'étonner si les gens deviennent suspicieux et comptent leur monnaie!

    Les électeurs purs et durs du RN voteront pour Marine Le Pen de toute façon. Ils se feront une petite séance d'auto-hypnose pour se persuader qu'elle n'a rien fait de répréhensible. Mais ceux qui ont un tant soit peu d'éthique et de jugeote n'auront aucune envie de risquer de se retrouver avec une présidente repris de justice. Bon, d'accord, Trump l'a fait, mais il n'est pas une référence de probité morale.

    Ma Dalton vient de marquer un but contre son propre camp. J'en connais un qui doit l'avoir mauvaise, entre deux coupes de champagne avec sa belle princesse.

    Voilà où nous en sommes. Le pire est qu'une partie significative de l'opinion trouve parfaitement acceptable qu'une personne reconnue coupable d'avoir détourné de l'argent public prétende à devenir garante de nos institutions. A ce rythme-là, un casier judiciaire finira par être présenté comme une preuve d'expérience. L'éthique et la morale n'ont qu'à se faire envoyer aux fraises.

    Pauvre France! Comme le disait un certain Général: "Les Français sont des veaux, ils méritent ce qui va leur arriver".

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.

  • Laurent la girouette et Bruno le gentil.

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    Oyez oyes mes amis, le Camp du Mou se met en ordre de bataille pour la présidentielle! En effet, Laurent Wauquiez revient en force pour nous faire son cirque!

    Voici l'ambiance musicale pour ce billet.

    Ce pauvre Laurent n'a pas de chance, et c'est un petit rancunier. D'abord, la présidence de LR lui échappe en 2025, il est battu à plate couture par Bruno Retailleau. Ensuite, il voit filer sous son nez cette grande primaire absurde à laquelle il tenait tant, ce pont invraisemblable censé aller de Sarah Knafo aux macronistes. Rien que cà.

    Une fois ces espoirs déçus, toutes les tambouilles foireuses sont possibles pour jouer les Brutus en carton pâte face à Bruno Retailleau. L'ami Laurent a eu beau déclarer qu'il ne s'allierait jamais à Edouard Philippe, ses déclarations récentes tendent à affirmer le contraire. Il vient en effet de déclarer que, je cite: Edouard Philippe peut incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France.

    Le tartuffe Wauquiez n'a probablement pas d'autre ambition que ce qui est vu à travers le prisme de son propre nombril. Je pense sincèrement qu'il serait capable de suivre un chien avec un bonnet si ce dernier lui laissait miroiter un portefeuille ministériel. Cet homme qui veut se faire le chantre du rassemblement n'a paradoxalement de cesse que de semer la zizanie au sein de la Droite. LR est devenu un tout petit parti, mais qu'à cela ne tienne, Wauquiez ne verra pas plus loin que ses intérêts et petites rancunes personnelles: il continuera son travail de sape et ses fulgurances grotesques.

    La réaction de Bruno Retailleau fut de lancer une pique aussi pertinente que rigolote: il dit ne pas souhaiter assez de mal à Edouard Philippe pour vouloir que Wauquiez le soutienne. MDR! Saillie fort à propos s'il en est, mais bon sang de bois, qu'attend Retailleau pour exclure ce trublion du parti? Cela aurait dû être fait depuis bien longtemps. Je pense franchement que par exemple, un Mitterrand n'aurait jamais toléré en son temps un tel comportement dans ses rangs.

    Retailleau2.jpgHélas, je crois qu'au fond, Retailleau c'est un gentil. Il a beau sortir des discours de droite dure et tout le tralala, çà se voit à sa tête: quand il ne fait pas sa figure de prof de maths austère, il a un bon gros sourire de mec (trop) gentil. Il devrait dégager Wauquiez une bonne fois pour toutes. Le genre de non décisions dont il fait preuve dans ce type de situation n'augure rien de bon pour quelqu'un qui brigue la présidence.

    Je souhaite sincèrement à monsieur Retailleau de prendre une potion à la testostérone afin de retrouver une bonne santé testiculaire.

    On pourrait aussi lui arranger une audience avec le Pape Léon XIV, qui vient d'excommunier quelques évêques schismatiques de la Fraternité Saint Pie X en moins de temps qu'il ne faut pour dire amen. Je crois qu'il lui a fallu à peine 24 heures pour évacuer les trublions. Sans doute pourrait-il expliquer à Retailleau la manière de mettre les enquiquineurs sur orbite avec diligence et autorité.

    En attendant, quel spectacle pitoyable que celui de notre classe politique offert par les frasques de Wauquiez. Une fois encore tout cela ressemble plus à un bac à sable - voire un panier de crabes - qu'à un groupe de bons gestionnaires préoccupés par l'intérêt supérieur de la Nation.

    Faudra pas pleurer si, en mai 2027, les choses tournent en eau de boudin avec les extrêmes au second tour.

    Comme l'aurait vertement dit le regretté Nicolas Jégou: c'est à chier!

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola

  • Epitaphe pour mon pote de blog Nicolas.

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    J'étais en train de rédiger un billet sur l'accord de paix USA - Iran lorsque j'ai appris la disparition brutale de mon copain de blog Nicolas Jegou de Partageons mon avis. Une fois le choc un peu passé, quoi de mieux qu'un billet récapitulatif de notre histoire commune pour lui rendre un dernier hommage?

    C'est l'été dernier, alors que je me remettais d'une petite intervention chirurgicale sans gravité, que j'ai recommencé à lire quelques blogs, dont celui de Nicolas.

    J'ai été blogueuse en 2007 - 2008, à la grande époque des blogs politiques, et je faisais partie du Réseau Kiwis (pour ceux qui s'en souviennent). J'avais fini par lâcher l'affaire pour des raisons dont je ne parviens pas à me souvenir, puis les aléas de la vie ont repris le dessus. Je préférais passer du temps avec ma famille que devant un écran.

    Dix-sept années passèrent et, m'ennuyant quelque peu lors de ma convalescence, je retournai voir ce qui restait de la Blogosphère d'antan. Pas grand chose, mais Nicolas était toujours là, fidèle au poste et écrivant un nombre incalculable de billets. Je devins une commentatrice régulière. De nombreuses fois, nous avons rigolé en nous demandant si, à part l'économie et la fiscalité, il y avait vraiment des sujets où nous n'étions pas d'accord.

    J'appris rapidement que Nicolas et la contradiction n'était pas toujours en très bons termes, et qu'une règle d'or chez lui était de laisser le dernier mot au taulier. Cela m'agaçait quelque peu, car je trouvais que cà coupait la chique à tout débat. Mais, ignorante de ces règles au début de nos échanges, je me mis à écrire des tartines kilométriques en réponse à ses billets. Chose étrange, Nicolas tolérait ces messages interminables ainsi que mon impertinence et mes piques amicales au second degré.

    Je finis par arriver à la conclusion que si je passais autant de temps à écrire des commentaires aussi longs que des romans, je pourrais tout aussi bien ressusciter mon blog et écrire des billets! Ainsi fut dit, ainsi fut fait.

    Un lien se créa. Nicolas était de gauche, de cette gauche qui a réussi son virage vers la social-démocratie. Je me tenais fermement plantée à l'aile droite du macronisme. J'engageai donc le débat, car s'il y a bien un truc qui m'enquiquine très rapidement, c'est de ne parler qu'avec des gens dont je partage l'opinion. Les échanges de vues, le débat contradictoire, voilà la méthode pour apprendre des choses , certainement pas bêler avec un troupeau.

    Pourtant, il apparut très rapidement que Nicolas et moi étions d'accord sur énormément de choses: la façon dont nous voyions la République, le vivre-ensemble, l'immigration, les grands sujets sociétaux comme les droits LGBT+, le mariage pour tous ou l'euthanasie...nous n'avions guère l'occasion de nous prendre le chou! :o)

    Des divergences profondes apparurent cependant lors d'un évènement tragique: le meurtre de Quentin Deranque. Mon opinion et celle de Nicolas à propos de ce lynchage, de son contexte et des responsabilité impliquées étaient opposées à 180 degrés, ce qui donna lieu à un débat sur ce blog qui dura plusieurs jours et généra des dizaines de commentaires. Je ne vais pas revenir sur ce fait divers. Nicolas et moi n'avons pu que conclure que la seule chose sur laquelle nous étions d'accord était le fait de ne pas être d'accord

    Suivirent les élections municipales, et un autre point de désaccord: les alliances LFI-PS que Nicolas soutenait, bien qu'il ne puisse pas encaisser ni Mélenchon ni ses ouailles.

    Normalement, ces deux points de désaccord étaient suffisamment profonds pour justifier de ma part une fin de nos relations. J'ai en général tendance à chercher des points communs avec mes interlocuteurs plutôt que de monter dans les tours, mais je n'ai pas peur des conflits et quand un sujet m'ulcère je suis rigide comme une règle en acier. Et que ce soit en ligne ou dans la vraie vie, je n'hésite pas à canonner à boulets rouges si besoin. Mais étrangement, il n'y eut aucune rupture. Nicolas et moi avons rangé ces sujets épineux dans une boîte, qui fut mise de côté, et nos discussions amicales continuèrent. Je suppose que c'est  là la différence entre une simple connaissance et un ami: les amis, on les accepte comme ils sont.

    L'humour gaulois de Nicolas et son franc parler me faisaient rire aux éclats. Il avait la plume acérée, mais je ne l'ai jamais vu traiter de cons des gens qui ne le méritaient pas, ne fût-ce qu'un petit peu. Le fait qu'il puisse caler dans une même conversation une analyse politique sérieuse et des histoires de bites et de nichons (je le cite) était proprement hilarant.

    Je me souviens du jour où il a expliqué qu'il avait trollé des gens sur X/Twitter en disant qu'il n'achetait plus de poupées gonflables chinoises car elles explosaient lorsqu'il s'en servait. Ce genre de plaisanteries graveleuses avait le don de me faire abondamment rigoler. Nicolas écrivait des analyses sérieuses, mais ne se prenait pas au sérieux.

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    Un rituel s'était installé: je ne suis pas une lève-tôt, et chaque matin avec mon café, je regardais si Nicolas avait écrit un billet, et/ou commenté un des miens. En général il postait le matin, et j'avais donc souvent une surprise agréable au petit déjeûner. Ce rituel me manquera.

    Nos échanges réguliers amicaux, parfois un peu rudes mais toujours dans le respect, auront duré un peu moins d'un an, hélas. Mais ce sont des mois dont je me souviendrai avec nostalgie.

    A part à de rares occasions, j'ai arrêté de boire de l'alcool pour raisons de santé. Pour Nicolas, je ferai une exception et viderai une pinte à sa mémoire.

     

    Adieu Nicolas.

    Juliette Evola.


     

  • Paris brûle t-il?

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    Vive le sport les gars! Une fois de plus, après un évènement sportif majeur, c'est le chaos et les flammes à Paris.

    Douce France, cher pays de mon enfance de Charles Trenet? Non, c'est plutôt London's Burning - Londres brûle - de The Clash! Supporters anglais pacifiques pris à partie avant le match, voitures, vélos et mobilier urbain en feu, tirs de mortiers, pompiers caillassés ou carrément tabassés...de la Saint Sylvestre aux matchs de foot, ce n'est pas la première fois que nous voyons ces images. Cela dépasse de loin les bagarres entre hooligans alcoolisés bas du front, on a l'impression de voir un reportage au beau milieu d'une situation insurrectionnelle. 

    L'illustration que je vous propose aujourd'hui décrit une réalité navrante. D'un côté, vous voyez l'anarchie et la violence non maîtrisée. De l'autre, c'est ce qui se passe dans n'importe quel pays normal lorsqu'un "évènement à haut risque" est programmé et que l'Etat prend ses responsabilités. Je ne vous parle pas de fantasmes sécuritaires douteux, mais tout simplement de mon désir légitime de citoyenne lambda de ne pas retrouver ma voiture brûlée ou la devanture de mon commerce fracassée.

    J'ai habité pendant longtemps à côté du Stade Constant Vanden Stock à Bruxelles, qui accueille les matchs de foot locaux ainsi que les grandes rencontres internationales. Alors oui, quelques bagarres de bistrot après le match, cà arrive. Des bandes rivales de hooligans qui se castagnent aussi. Mais jamais des scènes insurrectionnelles comme ce qu'on peut voir en France.

    Les canons à eau, cà calme les esprits échauffés. Les charges à cheval de la police anti-émeutes aussi, le tonnerre des sabots fait trembler le sol, ainsi que les esprits les plus rebelles. En la bonne ville de Bruxelles où j'habite, si on en était aux tirs de mortiers et pompiers tabassés, je puis vous assurer que la réponse, ce serait les balles en plastique.

    Ne venez pas me dire que mon discours fleure bon l'esstrême-drouâte et les fantasmes sécuritaires. Je ne veux pas d'une société avec un flic derrière chaque citoyen. Je ne fais que décrire ce qui se passe dans un pays normal lorsque la violence urbaine atteint un certain niveau. A voir le nombre de fois où ce genre d'émeutes se produisent en France je ne peux dire qu'une chose:

    Messieurs-dames qui nous gouvernez: dans les circonstances décrites je vous le dis sans fard: l'Etat à failli. Il à failli à ce qui est la base de ses fonctions régaliennes, à savoir nous protéger contre ce type de violence débridée. Et cette situation dure depuis bien des années.

    Pour ce qui est de mes compatriotes qui en sont venus à s'habituer à cet état de fait et à hausser les épaules avec résignation: vous aussi, vous avez failli. Vous reste t-il seulement une colonne vertébrale? Ne venez pas vous plaindre alors si certains  se disent que cela n'arriverait pas à Nice...avec un maire UDR donc! Cela vous pend au nez de par votre faiblesse! Il n'y a pas à s'habituer à la violence, un gosse de 8 ans comprendrait çà.

    Dans son superbe livre "Police mon amour: chroniques d'un flic ordinaire", l'ex-lieutenant de police Bénédicte Desforges nous dit que la paix sociale est l'équilibre nécessaire entre un désordre acceptable et un ordre insupportable. Je crois sincèrement que Laurent Nuñez devrait méditer cette citation, mais il est sans doute trop occupé à s'embrouiller dans ses déclarations maladroites au sujet du vivre-ensemble et ses positions mollassones vis-à-vis d'Alger. Mais c'est là une autre histoire...

    Ce que nous voyons encore et encore avec ce genre d'émeutes qui sévissent régulièrement, à la Nouvelle Année ou lors d'un match de foot comme PSG - Arsenal ce 30 mai, c'est loin d'être un désordre acceptable. Réveillons-nous, que diable!

    Honte aux impuissants, car ils pavent la voie soit à l'anarchie, soit aux solutions musclées. En général les deux en rapide succession.

     

    A la revoyure,

    Juilette Evola.

  • Entre Bruxelles et Paris, cette droite qui n'existe pas.

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    En tant que Française née à Bruxelles, ayant grandi en Belgique et ayant vécu dans ce pays une bonne partie de ma vie, force est de constater que la culture politique d'une personne dépend fortement du pays où elle a vécu et construit sa manière de penser.

    A chaque fois qu'une élection se profile à l'horizon de l'Hexagone, je me trouve confrontée au même problème: il n'y a pas en France de véritable offre politique qui me corresponde. Je suis une éternelle frustrée dont les choix seront toujours guidés par des compromis, voire même empoisonnés par des tiraillements.

    Pourquoi donc? Penchons nous un instant sur ce qui sépare la culture politique belge dans laquelle j'ai grandi de la culture politique française. La France et la Belgique sont des pays voisins très proches culturellement, surtout en ce qui concerne le Sud de la Belgique, de langue française et qui fit partie de l'Empire Français. Mais au niveau du clivage Gauche-Droite, que de différences!

    Pour simplifier: en Belgique, ce clivage a toujours été majoritairement économique, opposant les Socialistes aux Libéraux, les gestionnaires étatistes et les tenants du laissez-faire économique. Une certaine opposition entre les catholiques et les laïcs a existé, mais c'est à bas bruit et s'est vraiment émoussé au cours du temps. Viennent également les conflits communautaires entre les Wallons francophones du Sud du pays et les Flamands néérlandophones du Nord du pays. 

    En France, la réalité est différente. l'héritage de la Révolution et les rapports entre l'Eglise et la laïcité sont teintés de traumatismes transgénérationnels, qui fleurent bon les "prêtres réfractaires" rencontrant leur fin via les noyades de Nantes, les Colonnes Infernales et autres joyeusetés. La centralisation quasi jacobine de Paris amplifiée par un régime présidentiel fort pèse son poids, avec pour effet, entre autres, une certaine aigreur qu'entretiennent certains vis-à-vis des élites culturelles parisiennes. Et surtout, il y a un poids identitaire culturel important au niveau des rapports avec l'Eglise, de l'ordre moral, de l'identité nationale, et des questions sociétales qui montrent une frilosité manifeste par rapport aux autres pays européens.

    Je ne parlerai pas ici des évolutions des Gauches belges et françaises, et m'attarderai maintenant sur le côté droit de l'hémicycle.

    Au vu de ce que je viens d'exposer, on notera que la Droite française s'est construite historiquement comme le camp de la conservation sociale et culturelle, pas seulement économique. Même dans ses rares formes libérales, elle garde un ADN centré sur l'ordre, l'autorité, la famille traditionnelle, et une méfiance vis-à-vis des évolutions sociétales rapides.

    En Belgique par contre, on peut parfaitement être pro-libre marché, pro-fiscalité avantageuse pour les entreprises, en faveur d'un état très à cheval sur l'application de ses prérogratives régaliennes, avoir un regard critique sur les questions migratoires etc...ET être favorable au mariage homosexuel, à l'IVG, à l'euthanasie, à une dose saine de multiculturalisme. Il n'y a pas d'opposition ni de problèmes à ce niveau, particulièrement en Belgique francophone. Un des exemples le plus frappants en est le très droitier Mouvement Réformateur Libéral, majoritaire au gouvernement.

    Aussi, il existe en Belgique des partis de gouvernement de type "en même temps", qui sont harmonieusement intégrés au paysage politique, forment des coalitions gouvernementales viables et ne rencontrent pas le rejet épidermique que beaucoup de Français ont par rapport au macronisme, indépendamment des résultats (ou absence de résultats) de ce dernier sur le terrain.

    Et c'est ici que mes problèmes commencent. Je m'inscris dans la droite ligne (c'est le cas de le dire!) des partis de la Droite libérale belge, à savoir une position globalement de droite MAIS avec une vue beaucoup plus progressiste que la Droite française sur les question sociétales. Cette ligne politique n'est que peu représentée en France...pour ne pas dire qu'elle est inexistante.

    Je suis donc coincée quelque part entre Macron et Retailleau, sans maison politique fixe qui corresponde réellement à ma vision du monde. C'est donc le même cirque à chaque élection: je dois faire des compromis déplaisants. Je souhaite voter à droite mais dois alors faire une impasse sur les questions sociétales. 

    Cette réalité inconfortable est une des raisons qui m'ont fait voter pour Macron. J'ai toujours estimé que ce gars-là était un néo-libéral penchant à droite tant par ses positions économiques que par son style de gouvernance. La réalité me donna raison. Il est également assez progressiste sur les questions sociétales. Il semblait donc occuper à peu près le même espace que mes aspirations politiques. Dix ans plus tard, je tire de son action un bilan extrêmement mitigé, mais ce n'est pas le sujet de ce billet.

    A l'approche des présidentielles de 2027, me voici donc à nouveau coincée avec mes réflexes de droitarde à la Belge, qui ne trouve pas en France l'offre politique que je recherche. Il est extrêmement probable que je vote à droite en laissant de côté mes crispations vis-à-vis du conservatisme sociétal. C'est casse-bonbons mais c'est comme çà.

    Je suis une SDPF, une sans domicile politique fixe. A vot'bon coeur, m'sieurs-dames!

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.