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falconx

  • Que les étoiles vous soient favorables!

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    Ce matin à 11h15, l'astronaute française Sophie Adenot s'est envolée du légendaire Cap Canaveral en Floride. Direction la Station Spatiale Internationale, à bord d'une capsule Crew Dragon portée par un lanceur Falcon 9 de SpaceX. La vidéo me donne la chair de poule!

    Vol habité ou non, pour rien au monde je ne raterais un décollage important, même si je dois me lever au milieu de la nuit et avoir la tête dans le guidon pour le reste de la journée. Je suis gâtée cette semaine, hier c'était un lancement d'Ariane 6!

    La passion de la conquête spatiale m'est venue sur le tard, trop tard en tout cas pour envisager une carrière dans l'aérospatial, et de toute manière je ne pense pas que mes modestes talents de biochimiste aient été suffisants pour que la NASA ou l'ESA (Agence Spatiale Européenne) voient mon CV d'un bon oeil. Je n'en ressens aucune jalousie ni regret, mais quand même un peu d'envie.

    Disons que je donnerais volontiers un bras et un rein pour pouvoir m'élancer dans le Grand Noir de l'espace.

    Je connais la séquence de lancement par coeur, nul besoin de Google ou ChatGPT. Le directeur de vol qui donne le "go for launch" (paré à lancer) final, la fusée qui passe sous le contrôle de ses ordinateurs internes. Le compte à rebours, puis l'allumage des moteurs, et c'est l'équivalent d'un immeuble de 550 tonnes qui s'élève sur un pilier de feu et s'arrache à la gravité terrestre en direction de son orbite.

    La puissance au décollage est tout simplement monstrueuse: près de 7,6 millions de Newtons, à savoir environ 11.000 chevaux-vapeur. Le cerveau humain n'est pas capable de visualiser pratiquement de tels ordres de grandeur!

    Pour les observateurs, la fusée s'élève dans le plus grand silence, puis le son arrive et frappe de plein fouet, en léger décalage. C'est le vacarme rythmique, presque crachotant des moteurs-fusée qui balancent tout ce qu'ils ont.

    On voit la fusée prendre une trajectoire courbe, vue qui suffirait à flanquer un AVC à n'importe quel platiste. Elle s'aligne sur la courbure de la Terre pour rejoindre la trajectoire d'insertion orbitale qui la placera en orbite.

    Puis elle atteint MaxQ, le stade de pression aérodynamique maximale, où les contraintes physiques sur sa structure sont à leur apogée. En langage profane et en simplifiant beaucoup, si l'engin ne s'est pas pulvérisé en vol avant, une fois ce cap passé on peut respirer un bon coup.

    Les astronautes sont collés à leur siège par l'accélération, qui tourne aux environs de 3,5 à 4 g, ce qui signifie qu'ils pèsent 3,5 à 4 fois l'équivalent de leur poids sur Terre. Puis le bleu du ciel vire au noir spatial constellé d'étoiles scintillantes, et ils flottent en apesanteur. Extinction des propulseurs, puis séparation d'étage. Les propulseurs réutilisables retournent par eux-mêmes se poser à l'endroit d'où la fusée a décollé: la première fois que j'ai assisté à ce spectacle, mon cerveau a bugué!

    Alignement sur l'orbite cible. A 28.000 kilomètres/heure, la fusée file vers son but: la Station Spatiale Internationale, en orbite basse terrestre à 400 kilomètres du plancher des vaches.

    Je passe des détails techniques, et on y est. Gageons que les astronautes ont, depuis les fenêtres de leur lieu de travail, une vue nettement plus impressionnante que tout ce que nous pourrions connaître ici bas! Notre chère vieille Terre vue d'en haut, si haut que tous les problèmes et les conflits qui y sévissent ne sont plus qu'une abstraction lointaine.

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    Et dans quelques semaines, ce sera le tour de la fusée Artémis, premier vol habité vers la Lune depuis la fin du programme Apollo. Les astronautes ne s'y poseront pas, il s'agit d'un vol autour de la Lune pour tester la fiabilité du matériel, réaliser des expériences scientifiques et affiner les trajectoires. Je ne pensais pas assister de mon vivant à un retour de l'Homme sur notre bon vieux satellite, mais en fait, je me trompais. Je le verrai. Et je verrai probablement l'établissement de bases permanentes sur l'astre de nuit.

    Je sais ce que certains râleurs, qui pêchent par ignorance, vont me dire: avant d'envoyer des trucs et des gens dans l'espace, on ferait mieux de régler non problèmes sur Terre, et gna gna gna. Je pense que beaucoup de gens sous-estiment à quel point notre quotidien a pu être modifié suite à des avancées découlant de la conquête spatiale:

    GPS et communications par satellite bien entendu. Télévision numérique. Implants cardiaques avancés, implants cochléaires pour les sourds, prothèses et membres artificiels en matériaux légers. Mais aussi outils sans fil, appareils photos miniaturisés des smartphones, écrans plats, matériaux ignifugés, logiciels d'automatisation...et même lunettes de soleil anti-reflets et anti-UV (for sure). La liste est très longue!

    Quant à retourner sur la Lune, voire aller plus loin, vers notre voisine Mars? Imaginez un peu que Christophe Colomb, après avoir mis le pied en Amérique, était retourné en Europe et que les décideurs de l'époque aient dit bon, on n'y retourne plus? Je vous laisse réfléchir aux diverses implications de ce type de raisonnement réducteur.

    Je suis trop âgée pour espérer un jour mettre ma vieille carcasse en orbite. Mais je suis sûre que la génération de ma fille, ou celle qui suit, le pourra probablement. Et dans le cas où on ouvrirait des EHPAD sur la Lune ou sur Mars, si je n'avais pas de famille j'irais. Moins de pesanteur donc moins de courbatures, et je risquerais d'y rencontrer d'autres rêveurs atypiques et un peu cinglés, comme moi.

    Mais une chose est sûre: un jour j'irai voir décoller une fusée. Je veux entendre le grondement des moteurs et sentir les vibrations me secouer les tripes. Je ne sais pas encore si ce sera à Kourou en Guyane ou à Cap Canaveral en Floride, mais j'irai!

     

    A la revoyure, sur Terre ou ailleurs,

    Juliette Evola.