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Victimes stratégiques: mode d'emploi.

ChatGPT Image 23 févr. 2026, 15_46_58.png

Se poser en victime. Nous l'avons tous fait, un jour ou l'autre, et c'est humain. Ce matin, vous avez raté votre train, êtes arrivé en retard au boulot et vous êtes fait engueuler par votre manager, tout cela pour apprendre à la réunion suivante qu'un jeune coq bien moins expérimenté que vous sera promu au poste que vous lorgniez depuis longtemps. Voilà une journée calamiteuse qui vaut bien la peine que vous pleuriez sur votre propre nombril pendant un moment!

Mais il y a ceux qui font de la victimisation leur fonds de commerce permanent. Ils ne s'apitoient pas sur leur sort qu'une fois de temps en temps, mais systématiquement. Vous les avez déjà croisés: ceux qui sont maltraités par la vie, mais c'est toujours la faute de quelqu'un d'autre. Ils ne réussissaient pas bien à l'école? Tous les profs étaient injustes avec eux! Ils se font virer pour la énième fois de leur boulot? Tous leurs managers étaient des salauds, et ils étaient des génies incompris. C'est la troisième copine qui les plaque? Toutes des garces!

Je les appelle les "ouin-ouin", ou les Caliméro. Profils toxiques à éviter autant que possible.

Dans les cas que je viens de décrire, il s'agit d'un comportement social, un modèle de fonctionnement psychologique. Mais, et cette fois je me tourne vers le monde politique, se faire passer pour une victime alors que dans les faits on n'a ni la conscience ni les mains immaculées, ce n'est pas un réflexe instinctif mais bien une stratégie calculée. Elle est commune à tous les bords politiques. Admirons quelques exemples:

Voici un Sarkozy, qui cumule plus de casseroles qu'un magasin de quincaillerie, mais se pose en martyr quasi christique, priant à genoux dans sa cellule et écrivant un livre où tous les acteurs d'une cabale imaginaire y passent. Le complot des juges rouges. L'Etat de Droit, atrocement bafoué nous dit-il. Le "système", qui depuis des années veut sa peau. Macron lui-même, qui l'a laissé finir au violon, après l'avoir en outre privé de sa Légion d'Honneur

Et voilà Marine Le Pen, qui s'est quand même fait prendre avec les doigts dans le pot de confiture, se poser également en victime: son procès n'est qu'une machination visant à l'empêcher de se porter candidate à la présidentielle. Faut dire que pour ériger des totems de victimisation, son parti n'est pas en reste pour se poser en parias du fameux "système". C'est une stratégie de communication bien rôdée. Pour qu'elle fonctionne, il faut faire appel à des méthodes populistes bien connues, notamment le leader injustement calomnié, et le "peuple pur" contre les élites, théorie si bien expliquée par Robespierre et son copain Saint - Just.

Stratégie, le mot est lançé. Nous allons analyser les méthodes qui la sous-tendent, à chaque fois qu'elle est employée.

Je vais donc maintenant aborder le coeur du sujet, en examinant la stratégie de communication de LFI en général, et de Mélenchon en particulier, qui se met en place dès que quelque chose leur est reproché.

Que disent les Méluche, Bompard, Panot, Delogu et compagnie lorsqu'on les pointe du doigt pour des faits d'incitation à la violence, de violence tout court, ou de proximité assumée avec des gens aussi louches que la Jeune Garde? Eh bien, ils jurent leurs grands dieux qu'ils ne sont pas responsables de quoique ce soit. Ils ont toujours condamné la violence politique. Ils sont les innocentes victimes de gens qui font de la récupération politique de faits douteux ou tragiques afin de les diaboliser. Et si ma tante en avait...

Pourquoi adoptent-ils cette ligne de défense? Il y en avait deux possibles: celle de dire OK, on fait une pause pour réfléchir et analyser, une sorte d'audit interne afin d'être sûrs qu'il n'y a pas de pommes pourries chez nous. Et s'il y en a, on les virera. La seconde ligne de défense, à laquelle nous assistons de façon quasi systématique, est de tout nier en bloc et adopter une mentalité de camp retranché.

Cette attitude n'est ni un réflexe de défense, ni un signe de gêne, ni une crispation: c'est une stratégie politique structurée. Décortiquons ses mécanismes.

Pour se transformer en victime, il faut d'abord trouver de faux "vrais coupables": le "système", les opposants politiques, les journalistes "orientés", la Droite républicaine qui est en fait cul et chemise (noire) avec l'hydre fasciste, bref il faut un complot idéologique. Cela fonctionne très bien sur les électeurs déjà méfiants envers les Institutions. Le message devient alors simple: "si je suis attaqué, c'est qu'on veut m'abattre politiquement, et si on veut m'abattre c'est donc que je dis la vérité! Je suis un quasi martyr!".

Ensuite, le "je n'y suis pour rien". Peu importe si on déclare depuis des années qu'il faut "tout conflictualiser", qu'on traite des groupuscules satellites violents comme la Jeune Garde (officiellement dissoute, officieusement encore présente) de "chers jeunes camarades qu'on admire" et qui devraient penser à des "méthodes impactantes" pour contrer les fachos, qu'on martèle à longueur de temps que "la police tue", qu'on traite tous les Israéliens de génocidaires...tout cela n'est rien!

Car enfin, ce n'est pas Mélenchon qui ordonne explicitement de taper sur des opposants! Légalement, cet argument est valide. Sur le terrain, il ne l'est pas. Instaurer un climat de conflit et de violence verbale contribue certainement à ce que les éléments les plus radicaux du mouvement se sentent pousser des ailes. S'il y a bien une constante dans l'Histoire, c'est que lorsque la violence verbale est présente, la violence physique n'est pas loin de montrer le bout de son vilain nez.

Je pourrais citer bien des déclarations de LFIstes jurant leurs grands dieux qu'ils sont blancs comme neige en toutes circonstances, n'ont jamais contribué à un climat de violence, et qu'ils sont en fait les véritables victimes. Palme d'or à Alma Dufour qui a déclaré qu'elle mettait ses deux mains à couper que Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire de Raphaël Arnault, n'avait rien à voir avec une triste affaire de violence ayant eu lieu à Lyon dernièrement, avec la mort en résultat. J'espère qu'elle se remet bien de sa double amputation!

Il faut bien sûr un ingrédient pour que la sauce prenne complètement: une bonne vieille théorie du complot. Un exemple: une rixe entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite a éclaté? C'est certainement un guet-apens monté par l'extrême-droite pour attirer de pauvres gauchistes dans les filets de néo-nazis ivres de sang. De préférence, une seule source (de gauche bien sûr) sera lanceur d'alerte. Aucune enquête n'aura encore prouvé quoique ce soit, mais certains, qui ont tellement envie d'y croire, se jetteront sur la rumeur comme un affamé sur une assiette bien garnie. Le biais de renforcement positif (ou biais de confirmation) est en effet extrêmement fort: le cerveau humain a tendance à croire en priorité ce qui va dans son sens. 

Voilà, la stratégie du martyr est en place. Les vrais responsables, c'est le camp d'en face, qui diabolise. Critiquer le chef devient une trahison et une preuve de complot. Ceux qui ont les mains sales sont devenus intouchables, le blindage rhétorique mis en place est impénétrable. L'inversion accusateur - accusé est maintenant complète.

Vous voulez un mini-kit qui vous permettra d'identifier ce genre de stratégie manipulatrice? Posez-vous ces 4 questions:

- Le problème est-il nié en bloc, dans un déni total, sans nuance, sans autocritique, sans allusion de responsabilité indirecte?

- Y a t-il inversion morale: ce ne sont plus les actes ou le climat politique qui sont en cause, mais ceux qui les dénoncent?

- Le camp qui se victimise est-il sanctifié, à savoir est-il décrit comme un club de blanches colombes?

- Y a t-il un parfum de complot, comme des médias ligués pour traîner le Parti dans la boue? Ou un évènement non vérifiable par plusieurs sources indépendantes qui cible l'adversaire pour retourner le narratif coupable - victime?

Si la réponse est oui à ces quatre questions, vous avez affaire à une stratégie de victimisation. Seulement voilà: ce genre de stratégie est basé sur des ficelles suffisamment grossières pour que, très rapidement, les mensonges commencent à se voir.

Et pour l'instant, le nez des Pinocchio LFIstes s'allonge considérablement.

 

A la revoyure,

Juliette Evola.

Commentaires

  • Billet intéressant, comme toujours. Ca me rappelle deux comptes TikTok que je « fréquente » et qui détaillent différents processus de communication. Tu parles de Le Pen et de Sarkozy, leurs « attaques » ont très bien marché.
    Par contre, je vais être un peu avocat du diable avec cette histoire de meurtre de Quentin.
    En plus, je vais commencer à l’envers et hors sujet : ne me déteste pas tout de suite !

  • Cette affaire est très délicate. Je crois sincèrement qu’il y a une forme de complot (dans le sens où il y a bien eu une préméditation par Nemesis et les autres tarés qui les protègent) sans compter un manque de chance vu que ça arrive une semaine après la classification de LFI en mouvement d’extrême gauche.
    Par contre, LFI est inexcusable, pour les raisons que tu cites. Comment ces andouilles ont-elles pu maintenir une forme de proximité avec la Jeune Garde qui a pourtant été dissoute ? Comment peuvent-elles continuer à afficher une solidarité ? Pourquoi organiser une conférence sans doute à caractère antisémite dans une université ? Dans leur tentative de défense, ils entrent dans une sorte de spirale, de folie (tu parles de la petite dame qui a mis ses mains à couper en affirmant des âneries).
    Et tu parles, à juste titre, de la conflictualisation… Qui fait sans doute que les chefs de LFI encouragent indirectement tous les tarés qui en viennent aux mains.
    J’aurais pu en faire un billet ! Surtout que je n’ai pas fini ma réponse. Je poste et je reviens.

    (j'ai encore des trucs à dire, je reviens).

  • Je vais attendre que tu aies fait tous tes commentaires pour te répondre, cela évitera que la discussion ne ressemble à un plat de Spaghetti emmêlés comme l'autre jour, MDR! Prends ton temps.

  • Ah ben j’ai dit deux fois que je revenais. Je deviens gâteux. Bref…
    Je me demande qu’elle aurait pu être la stratégie de communication de LFI. Ou, plus précisément, s’il y avait un autre choix que la victimisation qui finit pourtant par m’énerver alors que je faisais preuve d’une certaine mansuétude.
    Rachel Garrido a dit hier qu’elle exigeait que le député compromis (l’espèce de grand branleur fiché S) soit viré. Elle n’a pas à le faire (il n’est pas de son parti et il a été élu). Par contre, il aurait été la moindre des choses que LFI le fasse (virer le type). Ils auraient alors pu nier, crier à la trahison et tout ça.
    Ma question est : pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? (j’imagine les réponses possibles notamment que certains avaient la preuve que le grand con était toujours lié à la JG mais peu importe).

    Est-ce que la victimisation n’est pas toujours le serpent qui se mord la queue ? Du moins, seuls les partisans peuvent être satisfaits (avec Le Pen et Sarko on voit très bien que les militants croient en l’acharnement de la justice et toutes ces conneries). Mais pourquoi les satisfaire alors qu’ils le sont déjà par nature ?
    LFI est en train de se mettre à dos des clowns comme moi. Je ne peux pas les blairer mais j’étais près à leur donner le bon dieu sans confession… Ils ont réussi à m’énerver.

  • Tu abordes pas mal de points, et ils sont tous pertinents. Il y en a, finalement peu, avec lesquels je suis en désaccord, et d'autres avec lesquels je suis assez alignée. Certains mériteraient que j'en fasse un billet à part tant ils creusent profond, par exemple pourquoi LFI se pose en victime, et pourquoi cela ne marche pas qu'avec les sympathisants déjà conquis d'avance. Là, on entre dans des mécanismes complexes qui mêlent psychologie des foules et exploitation de la fatigue démocratique. Rien que d'expliquer çà, cela vaut peut-être la peine que je te réponde par un billet!

    C'est lié à des modes de pensée totalitaires, employés par LFI, et qui contrastent avec la façon dont un humaniste démocrate fonctionne. Là aussi, il y a de quoi en faire un billet, j'y reviendrai plus tard dans ma réponse. Il faudra sans doute attendre un peu, plus tard dans la journée, j'ai un agenda chargé aujourd'hui.

    Le seul truc que j'adresserai ici car la réponse est courte: pourquoi LFI te fait chier alors que tu avais tendance à parfois les défendre? Tout simplement parce que tu es capable de nuance et de remise en question alors qu'eux naviguent pour l'instant dans un manichéisme absolu, une façon de raisonner qui est par essence totalitaire et sans remise en question possible: qui n'est pas avec nous est contre nous, point barre!
    Au delà des convergences que tu peux avoir avec leur programme, si tu te places d'un point de vue humaniste et démocrate (ce qui je crois est le cas), çà coince, car tu est dans le dialogue même avec des opposants politiques alors qu'un gars comme la Méluche est dans un mode de pensée binaire jusqu'au boutiste. J'y reviendrai.
    Donc oui ils t'exaspèrent, et à juste titre. Et oui, ils vont perdre le capital sympathie de gars comme toi. Et oui, il vont entraîner la Gauche vers le bas à cause de çà...autre sujet, et autre billet en perspective peut-être.

    La suite plus tard dans la journée. Merci pour cet échange intéressant :o)

  • Je réponds ici à certaines choses que tu dis, et je vais faire des textes séparés par sujet :

    Tu te dis persuadé que le Collectif Nemesis a organisé un guet-apens de concert avec des groupements d’ED, voire néo-nazis. Je fais clairement allusion à cela dans ce billet même si je ne nomme pas Nemesis. Corrige-moi si je me trompe, mais la seule source disponible à ce jour est un article de L’Humanité, feuille de chou teintée idéologiquement. En journalisme, il faut 3 sources indépendantes pour qu’une info soit jugée plausible. Et pour des accusations graves de ce type, il faut qu’il y ait enquête. S’il y a bel et bien eu des SMS échangés entre Nemesis et des groupuscules d’ED, les faits seront facilement prouvables. En attendant, la présomption d’innocence est de rigueur selon moi…raisonnement valable même pour des gens que je n’aime pas !
    Je l’ai déjà dit ailleurs : suspicion n’est pas preuve.

    Pourquoi raisonnes-tu ainsi ? Je ne vais pas avoir l’audace de jouer au psy et encore moins de verser dans le procès d’intention. Mais, comme je l’ai dit, le biais de renforcement positif est une chose très puissante, et parfois on ne retient que ce qui nous arrange.
    Si l’histoire est prouvée qu’il y a eu guet-apens pour « casser du gauchiste », alors il y a culpabilité d’organiser des violences en réunion, et Nemesis n’a rien à faire dans notre paysage politique. Dissolution !

    Le reste de ton premier commentaire, on est sur la même longueur d’onde.

  • Voilà, il me semble avoir répondu à tes remarques de façon à peu près structurée. La suite ci-dessous...

  • Second sujet de ton commentaire, Nicolas :

    Quelle autre stratégie LFI aurait pu employer à part les 2 que je cite ? Se remettre en question tout en mettant en garde une récupération politique de l’autre camp destinée à les briser. Cela aurait été une démarche honnête. Problème : ils sont tellement dans l’aggressivité et la victimisation depuis des années que ce serait difficile de faire çà sans passer pour des cons. Genre, vous savez, on tape sur les élites et « les fachos » depuis des années, et tout soudain on fait une remise en question qui pourrait passer pour un mea culpa et de la faiblesse. C’est compliqué !

    Blague dans le coin, tu as vu le dernier discours de la Méluche, à Lyon ? La façon dont il oppose le peuples aux élites ? La tirade sur le complot des médias hostiles ? Quentin qui de toute façon n’était qu’un sale nazi ? Il donne raison point sur point à ce que j’ai écrit dans mon billet. CQFD !

  • Troisième et dernier volet de ma réponse au second commentaire de Nicolas :

    Pourquoi cette victimisation marche aussi sur un public non acquis à ses idées (je parle de J-LM). Parce qu’il joue sur la fatigue démocratique des gens. Tu as vu ce chiffre effrayant comme quoi il n’y a plus que 22% des Français qui croient en nos politiques ? Quand les gens sont mentalement fatigués à ce point, ils n’ont plus envie de penser par eux-mêmes et ils jugent au lieu d’analyser. En se tournant de préférence vers des discours durs et populistes. Combien de dictateurs ont ainsi été élus ? Certains totalitarismes iconiques du siècle dernier, certainement. Genre Benito et son pote Adolf, pour sûr.

    Pourquoi J-LM continue t-il dans la surenchère de l’excès ? Il ne peut plus faire autrement, il est pris au piège de sa propre rhétorique. C’est la fuite en avant vers une posture et un discours de plus en plus extrème. Il est coincé et n’arrive plus à freiner ou faire marche arrière. Je ne suis même pas sûre qu’il s’en rende compte, bien que ce soit un homme intelligent.

  • Il y a plein de choses auxquelles je dois répondre. On va exploser le nombre de commentaires.

  • 12h12 :
    « pourquoi cela ne marche pas qu'avec les sympathisants déjà conquis d'avance ». Tu as sans doute raison. D’ailleurs, ça marche un peu avec moi (sans doute parce que, pour moi, l’adversaire est clairement le RN mais aussi parce que c’était le cas pour Sarko, dans mon entourage).
    « pourquoi LFI te fait chier alors que tu avais tendance à parfois les défendre? » ma question était un peu rhétorique…
    16h48 :
    « Corrige-moi si je me trompe, mais la seule source disponible à ce jour est un article de L’Humanité, feuille de chou teintée idéologiquement. » Oui et non. D’une part, on parle bien aujourd’hui de la dissolution nécessaire de Nemesis (quand je dis « on », c’est la presse mais je n’ai pas lu les articles). Il n’y a pas de fumée sans feu. D’autre part, ça y ressemble bien… Nemesis était bien à proximité d’un machin de Rima machin pour se montrer et Nemesis avait bien une bande de nervis à côté.
    Mais tu as sans doute raison. Et je n’ai pas dis qu’il y avait complot mais que j’y croyais fortement. Il y a bien sûr présomption d’innocence.
    « Pourquoi raisonnes-tu ainsi ? » Je vais donne un élément de réponse : je raisonne toujours ainsi quand il y a un truc grave (un mort). J’essaie de chercher le scénario le plus crédible… Or la présence du jeune gars dont on connait le CV un peu brun devant une équipe d’antifa débile ne peut pas être le fait du hasard. Le type ne faisait pas du tourisme.

  • 16h51 :
    On est à peu près d’accord.
    16h55 :
    Pareil. Ce pauvre Méluche n’apprend pas de ses erreurs.

  • Commentaire à Nicolas sur sa réponse de 9h13 à mes remarques à propos de Nemesis:

    Le raisonnement « il n’y a pas de fumée sans feu » est une simplification intellectuelle dont je me méfie comme de la peste. Et, pour prendre des exemples extrêmes, ce mode de pensée a causé pas mal de morts.
    Au Moyen-Age, des femmes qui fabriquaient tisanes et potions avaient une réputation de sorcières. Et si en plus on ne les voyait pas à la messe du dimanche…encore pire. Il n’y a pas de fumée sans feu, allez hop, au bûcher. Combien d’innocentes ont péri ainsi ?
    Autre exemple, y a pas mal de Juifs à Hollywood : la société Metro-Goldwyn-Meyer, des réalisateurs comme Spielberg, Kubrick, Woody Allen et j’en passe. Il n’y a pas de fumée sans feu, l’industrie du divertissement est aux mains des Juifs, qui y imposent je ne sais quelle influence néfaste ! On sait bien où conduit ce genre de raisonnement.

    Attention donc aux raccourcis intellectuels faciles.

    Non, l’hypothèse la plus probable n’est pas toujours vraie. Si tu soumets n’importe quel problème à une analyse de probabilité statistique qu'il se produise, tu verras que ce sont régulièrement des réalités intellectuellement improbables qui ont le plus de probabilité de se produire.
    Un photon (énergie lumineuse) est à la fois une particule matérielle et une onde immatérielle. Qui aurait pu penser que cette option était la plus probable avant qu’Einstein ne passe les lois qui régissent l’Univers à la moulinette de la Théorie de la Relativité ?

    Oui, des mecs d’ED étaient présents à une conférence de Rima Hassan. Dans quel but ? Protéger les nanas de Némésis comme l’ED le dit, ou chercher volontairement la castagne de façon organisée pour tabasser du gauchiste, comme l’EG **ET** beaucoup à Gauche le prétendent ? Les deux versions ont une bonne probabilité d’être vraies. J’ai bien peur que tu ne choisisses ici celle qui te plaît le plus en fonction de ton orientation politique, puis la re-baptise confortablement comme étant la plus probable.

  • Lui, non. Mais le cerveau féminin qui se tient à ses côtés et qui a transformé sa trajectoire politique en success story, oui.

    Même remarque pour Zemmour.

    Sinon, les deux mecs plafonnent et sont structurellement incapables de dépasser les frontières restreintes de leur électorat, qui correspond en gros à celui d'une secte (Méluche) ou d'une caste (Zemmour).

    Donc, ce n'est pas leur cerveau qui est intéressant, c'est celui des deux meufs qui sont devenues leur éminence grise et, si j'en juge par leur position dans l'organigramme, bien plus que cela.

    Qui est le paquet de lessive dans l'affaire ?

  • "Le raisonnement « il n’y a pas de fumée sans feu » est une simplification intellectuelle dont je me méfie comme de la peste. Et, pour prendre des exemples extrêmes, ce mode de pensée a causé pas mal de morts." Ce n'est pas un raisonnement... Si certains envisagent aujourd'hui d'interdire Nemesis, c'est bien parce que ce sont des nuisibles qui ont encore fait une connerie.

    Les deux versions que tu cites après sont vraies. Je n'en ai pas choisi une contrairement à ce que tu sembles penser. Je n'ai fait que citer un scénario probable (disons "possible" sinon tu vas me reprendre...).

  • Bien sûr mon cher Nicolas que je vais te reprendre si j’estime que je ne suis pas d’accord avec quelque chose que tu dis, que ce soit sur le fond ou la forme. C’est pas pour le plaisir de te casser les roubignolles, c’est le principe même du débat contradictoire. Et oui, les mots ont un sens : si tu avais argumenté en disant depuis le départ « possible » au lieu de « le plus probable », je n’aurais même pas levé un sourcil.

    Oui, il y a « des gens » qui trouvent le Collectif Nemesis nuisible au point qu’ils méritent la dissolution. Et qui sont ces gens ? Des experts politiques calés dans l’étude de groupuscules extrêmes ? Le Ministère de l’Intérieur ? Non, quelques parlementaires écolos et insoumis (ils sont dans leur rôle), et des journalistes. Qui, de nos jours, privilégient surtout l’émotion générée par des infos choc au véritable travail d’investigation. Au vu de cela, tu me permettras de rester prudente dans l’analyse du contexte de la mort de Quentin.

    Attention hein. Je suis parfaitement au courant des liens de Nemesis avec l’ED locale et même européenne, notamment les néo-fascistes italiens de Casapound et un autre groupuscule suisse dont j’ai oublié le nom. Il s’agit là d’infos véritables et vérifiées.
    Mais les discussions et « conclusions » actuelles autour de cette affaire, pour l’instant c’est comme un comprimé effervescent qu’on met dans l’eau : beaucoup de mousse, beaucoup de bulles qui font pschiit.

  • "Oui, il y a « des gens » qui trouvent le Collectif Nemesis nuisible au point qu’ils méritent la dissolution. Et qui sont ces gens ? " Heu... Le ministre de l'intérieur à l'Assemblée...

  • Ma question est posée de bonne fois et je n'essaie absolument pas de me défiler, mais j'ai farfouillé un bon moment et n'ai trouvé aucune trace d'une telle intervention de la part de Laurent Nunez suite à l'affaire Quentin. Peux-tu éclairer ma lanterne avec des sources?

  • https://www.bfmtv.com/politique/la-france-insoumise/video-dissolution-de-nemesis-reclamee-par-lfi-aucun-groupe-n-echappe-au-controle-affirme-le-ministre-de-l-interieur-laurent-nunez_VN-202602240606.html (à la toute fin de ses propos).

  • (je n'ai pas dit que c'est formel mais ce truc a été en page d'accueil de Google News).

  • Merci pour le lien, en toute honnêteté, c'était complêtement passé sous mon radar, autant pour moi donc. Cependant, et tu peux me trouver chiante et capillotractante si tu veux, ce que LN dit c'est qu'aucun groupe extrême, y compris Nemesis, n'échappe à la vigilance de l'Etat. Et qu'il y aura procédure de dissolution pour n'importe groupe extrême si des cas d'appel à la violence avérés se produisent. Donc:

    - Version bisounours de l'ED: Nemesis est juste venu avec une banderole contre La présence de Rima Hassan, avec quelques mecs en service d'ordre.
    - Version opposée qui circule: il y des SMS entre Nemesis et des groupes néo-nazis pour organiser un guet-apens anti LFIstes.

    Dans le second cas, s'il est avéré, il est clair qu'il y a provocation à organiser une castagne. Si cette version est prouvée, tentative de causer des violences en réunion et collusion avec des néo-nazis. Là il y a matière à dissolution. Laurent Nunez ne dit pas autre chose.

  • J'arrive comme un cheveux sur la soupe. J'adore ta démonstration. J'adore aussi comment LFi utilise Kapsman et son triangle : bourreau avec des attaques antisémites, des outrances, des violences qui ammènent à la mort, et victime Caliméro.

    Tes quatres questions sont intéressantes. Et c'est vrai que la victimisation lors de Sarkozy en prison, même s'il n'y avait pas eu de mort ou de saloperie à la Mélenchon (qui a du bol que son copain Trump attaque ses modèles d'Iran, ça change les infos...), est du même tonneau.

    Billet intéressant

  • Bah non, tu n'arrives pas comme un cheveu dans la soupe, tu es le bienvenu pour te joindre à la discussion. Je crois que J-LM va reprendre du poil de la bête avec la guerre en Iran. Comme les vilains israéliens sont impliqués, il va tout nous ressortir: les hôpitaux bombardés exprès, l'impérialisme sioniste génocidaire, les ayatollahs qui sont de pauvres victimes...tu vas vois, je suis sûre que tout va y passer.
    Rima Hassan n'a plus qu'à organiser un convoi humanitaire direction l'Iran. Voyons si elle aura le courage de le faire, sous une pluie de missiles, MDR!

  • N'oublions pas le principe : laisser le dernier mot au taulier du blog ! Il y a en revanche un point qui me titille, d'où une dernière intervention sur ce billet. On dit à peu près la même chose... mais chacun ne veut "donner le point". Revenons au début : je disais dans un billet que les filles de Nemesis étaient venues pour foutre la merde. Sinon, elle ne serait pas venues. Et c'est un de leurs soutiens qui s'est fait tuer.

  • Il ne s’agit pas de jouer à qui aura le dernier mot. Il m’est arrivé plus d’une fois au cours des derniers mois de céder du terrain sur un de mes arguments, ou de les nuancer parce que toute réflexion faite j’étais arrivée à la conclusion que tu avais raison, partiellement ou totalement.

    Ici, nous en sommes effectivement arrivés à tourner en rond en répétant les mêmes arguments. Je crois qu’il n’y a pas autre chose d’autre à faire que de nous mettre d’accord sur le fait que nous ne sommes pas d’accord. Il ne s’agit pas d’entêtement, mais de constater que nos points de vues ne sont pas conciliables sur certains aspects.

    Je ne sais pas s’il existe quelque part une Loi du Blog qui dit que le taulier doit avoir le dernier mot. Perso je n’y souscris pas car je trouve que le fait de savoir que, quoi qu’il arrive, il faut laisser le dernier mot à « celui d’en face » est quelque chose qui éteint toute envie de débat. En tant que commentatrice je m’y conforme chez ceux qui me signifient clairement que çà se passe ainsi chez eux, mais personnellement je ne souscris pas à cette logique.

    Cependant, si quelqu’un doit faire des rappels à la loi sur la façon dont se tiennent les débats sur ce blog, c’est moi et nul autre. Un commentateur qui dit rappelons-nous telle ou telle rêgle d’engagement se verra aimablement signifier qu’il est sorti des clous ;-)

    Ton dernier commentaire ouvre hélas une autre boîte de Pandore. J’ai plusieurs fois dans ma jeunesse été déployer des banderoles, en général contre la présence de personnalités politiques indésirables, notamment un certain Jean-Marie Le Pen à Bruxelles en 1989. On déployait notre banderolle, on attendait que les flics arrivent et nous disent de dégager vu que notre manif n’était pas autorisée, et çà s’arrêtait là. Il est vrai que j’ai vu certains de ces évènements tourner au vinaigre quand des « contre-contre-manifestants » se montraient. Fallait-il dire pour autant que mes potes de l’époque étaient venus sciemment foutre la merde, ou faisions nous simplement usage d’un droit démocratique ? A étudier au cas par cas.
    On peut en débattre mais attention, c’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces, et je suis une ancienne militante d’extrême-gauche, eh oui ! MDR. Je connais assez bien la dynamique de ce genre de confrontations publiques.

  • "N'oublions pas le principe : laisser le dernier mot au taulier du blog ! "

    C'était votre règle, Nicolas. Et pas seulement un principe. Je peux même témoigner que c'était une loi d'airain qui m'a fait renouer avec les plaisirs anciens et subtils des Encyclopédistes, qui devaient déployer mille ruses pour franchir l'épreuve de l'Imprimatur. Tante Yvonne, si on préfère des références plus gaulliennes. Est-ce toujours le cas ?

    Si oui, les conversations sur votre blog doivent toujours être aussi désespérément chiantes, je le crains. Je n'ai pas regardé, j'étais à la recherche d'autre chose.

    Bon, en tout cas, je vois que vous portez bien, c'est l'essentiel.

    Bien à vous.

  • Bonjour,

    Je suis tombé sur votre blog par hasard (je cherchais à savoir ce qu'était devenu Didier Goux et... bon, bref).

    Bienvenue dans l'ère du complotisme victimaire, puisque c'est, je crois, le sujet que vous avez voulu traiter. Comme son nom l'indique, c'est un mix entre la pensée victimaire et le complotisme.

    Pour être plus précis, vous ne l'avez pas abordé exactement sous cet angle (sous la forme d'un mix) mais sous la forme d'une "stratégie victimaire" qui met en œuvre une méthode dont l'une des phases passe par la mobilisation du complot, en tant qu'instrument. Ce qui veut donc dire qu'il y a une fin poursuivie, un état final recherché par un acteur stratégique qui s'adresse à une foule qui va être manipulée dans l'affaire.

    C'est une approche conventionnelle qui n'est évidemment pas fausse, tant l'actualité nous fournit abondamment en exemples d'utilisations du complotisme victimaire comme technique de manipulation des foules. Et puisque nous sommes tous, d'une façon ou d'une autre, la partie d'une foule, nous serions bien avisés de nous instruire à ce sujet.

    Mais, si je puis me permettre, ce n'est pas nécessairement l'approche la plus fructueuse ni la plus stimulante sur un plan intellectuel : si vous vous décidez à considérer le complotisme victimaire comme un mix, alors il devient rapidement évident qu'il ne s'agit plus seulement d'une technique de manipulation comme une autre, après tout. Ce ne serait alors qu'une des multiples ramifications de la démagogie, historiquement parlant.

    Ce qui devient évident est beaucoup plus dérangeant que cela : le complotisme victimaire devient une grammaire, en particulier une grammaire politique, qui irrigue nos discours et nos manières de penser le monde. Et il devient une prison intellectuelle : nous pensons le monde à travers le complotisme victimaire et il nous rend incapables de le penser autrement. Il est piégeux, quoi. Y compris pour celui qui se propose de l'étudier.

    Là, c'est un changement de degré et un changement de nature. Si vous portez vos réflexions dans cette direction, je pense que vous vous amuserez bien plus — sur un plan strictement intellectuel, j'entends — qu'en vous bornant à décrire, même de façon précise et in situ, une technique de manipulation actuelle dont l'étude méthodique devient en définitive assez triviale, hélas.

    Je veux dire par là que c'est un sentier que nous avons mille fois emprunté, finalement. On a tout de même une impression de "déjà vu", non ?

    Ce qui me fait arriver à un proverbe semble-t-il mongol. Vous savez sans doute que les chroniques de guerre racontent qu'il n'a jamais été possible de pister, surprendre ou tendre une embuscade à un parti de cavaliers mongols, en reconnaissance dans les pays qu'ils se préparaient à envahir, tant ils étaient passés maîtres dans l'art de l'infiltration. Ce proverbe est le suivant :

    "N'emprunte un sentier qu'une seule fois, et après, fais-en cadeau à ton ennemi"

    Nous devrions le méditer et — pourquoi pas ? — le faire nôtre.

    Bien à vous.

  • Bonjour tschok,
    Comme vous le voyez, ce blog ne permet pas les commentaires imbriqués, donc il n’est pas toujours évident de voir si vous vous adressez à Nicolas ou à moi :o) On va essayer de s’en sortir quand même. Malheureusement, Didier Goux nous a quittés.

    Tout d’abord, si vous trouvez que les discussions sur le blog d’un autre commentateur sont, je cite, chiantes, je vous invite à vous adresser à lui directement, sur son blog. Les interventions non constructives et méprisantes accompagnées d’un vocabulaire fleuri sont hors des clous chez moi.

    Pour ce qui est de votre remarque au sujet des compagnes de Mélenchon et de Zemmour, je crois que vous vous adressez à Nicolas, je ne vais donc pas rebondir là-dessus.

    Au sujet du complotisme victimaire : effectivement, la manière dont je le décris dans le cadre de ce billet pointe vers la démagogie, qui est comme vous le dites utilisée de manière stratégique afin d'influençer les foules, à savoir ici tant les militants ou sympathisants LFI que les observateurs extérieurs grand public, toujours friands de psychodrames.

    Cette approche ne serait réductrice que si elle devenait un filtre systématique, un mode de pensée me servant à analyser l’ensemble de ma vision du monde – le Weltanschauung de Kant et Hegel. Ce n’est pas le cas : dans ce billet, je me limite à décortiquer un cas précis – la réponse d’un parti politique à des attaques. Je n’étend pas mon approche à une vision du monde globale. Car si je le faisais, ce serait le serpent qui se mord la queue : je serais devenue à mon tour quelqu’un qui voit des complots partout.

  • Oh non, je ne voulais pas dire que votre approche est réductrice (d'ailleurs, elle ne l'est pas) mais plutôt qu'elle est spécifique à un cas précis, qui est une variété de démagogie manipulatrice propre à un parti politique et à sa ligne éditoriale, on va dire.

    Mais, à partir du moment où vous associez vous-même discours victimaire (le Caliméro) et complotisme, il devient extrêmement tentant de vous proposer d'élargir la focale en passant directement à un concept de complotisme victimaire, ce qui revient à faire la bascule entre une technique de manipulation caractéristique de la communication de tel ou tel parti politique (votre approche) et ce qui devient une grammaire du discours politique en général et même un système de représentation du monde (celle que je vous propose).

    Et là, il ne s'agit pas exactement de tomber dans un travers qui consisterait à voir des complots partout, ce qui serait un peu épuisant à la longue, mais de les chercher partout où on les met. Et il se trouve qu'on les met partout, justement.

    Mais ce n'était qu'une simple suggestion de piste de réflexion qui ne mérite guère plus que vous la gardiez sous le coude, au cas où. Imaginez que l'ennui vous gagne un jour de pluie et que vous n'ayez rien d'autre à faire que de passer le temps en vaines méditations. Eh bien, c'est le genre d'idées qui sert à ça, je pense. Elle est, au mieux, à classer dans votre stock de work in progress sans date de livraison.

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