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victimisation

  • Victimes stratégiques: mode d'emploi.

    ChatGPT Image 23 févr. 2026, 15_46_58.png

    Se poser en victime. Nous l'avons tous fait, un jour ou l'autre, et c'est humain. Ce matin, vous avez raté votre train, êtes arrivé en retard au boulot et vous êtes fait engueuler par votre manager, tout cela pour apprendre à la réunion suivante qu'un jeune coq bien moins expérimenté que vous sera promu au poste que vous lorgniez depuis longtemps. Voilà une journée calamiteuse qui vaut bien la peine que vous pleuriez sur votre propre nombril pendant un moment!

    Mais il y a ceux qui font de la victimisation leur fonds de commerce permanent. Ils ne s'apitoient pas sur leur sort qu'une fois de temps en temps, mais systématiquement. Vous les avez déjà croisés: ceux qui sont maltraités par la vie, mais c'est toujours la faute de quelqu'un d'autre. Ils ne réussissaient pas bien à l'école? Tous les profs étaient injustes avec eux! Ils se font virer pour la énième fois de leur boulot? Tous leurs managers étaient des salauds, et ils étaient des génies incompris. C'est la troisième copine qui les plaque? Toutes des garces!

    Je les appelle les "ouin-ouin", ou les Caliméro. Profils toxiques à éviter autant que possible.

    Dans les cas que je viens de décrire, il s'agit d'un comportement social, un modèle de fonctionnement psychologique. Mais, et cette fois je me tourne vers le monde politique, se faire passer pour une victime alors que dans les faits on n'a ni la conscience ni les mains immaculées, ce n'est pas un réflexe instinctif mais bien une stratégie calculée. Elle est commune à tous les bords politiques. Admirons quelques exemples:

    Voici un Sarkozy, qui cumule plus de casseroles qu'un magasin de quincaillerie, mais se pose en martyr quasi christique, priant à genoux dans sa cellule et écrivant un livre où tous les acteurs d'une cabale imaginaire y passent. Le complot des juges rouges. L'Etat de Droit, atrocement bafoué nous dit-il. Le "système", qui depuis des années veut sa peau. Macron lui-même, qui l'a laissé finir au violon, après l'avoir en outre privé de sa Légion d'Honneur

    Et voilà Marine Le Pen, qui s'est quand même fait prendre avec les doigts dans le pot de confiture, se poser également en victime: son procès n'est qu'une machination visant à l'empêcher de se porter candidate à la présidentielle. Faut dire que pour ériger des totems de victimisation, son parti n'est pas en reste pour se poser en parias du fameux "système". C'est une stratégie de communication bien rôdée. Pour qu'elle fonctionne, il faut faire appel à des méthodes populistes bien connues, notamment le leader injustement calomnié, et le "peuple pur" contre les élites, théorie si bien expliquée par Robespierre et son copain Saint - Just.

    Stratégie, le mot est lançé. Nous allons analyser les méthodes qui la sous-tendent, à chaque fois qu'elle est employée.

    Je vais donc maintenant aborder le coeur du sujet, en examinant la stratégie de communication de LFI en général, et de Mélenchon en particulier, qui se met en place dès que quelque chose leur est reproché.

    Que disent les Méluche, Bompard, Panot, Delogu et compagnie lorsqu'on les pointe du doigt pour des faits d'incitation à la violence, de violence tout court, ou de proximité assumée avec des gens aussi louches que la Jeune Garde? Eh bien, ils jurent leurs grands dieux qu'ils ne sont pas responsables de quoique ce soit. Ils ont toujours condamné la violence politique. Ils sont les innocentes victimes de gens qui font de la récupération politique de faits douteux ou tragiques afin de les diaboliser. Et si ma tante en avait...

    Pourquoi adoptent-ils cette ligne de défense? Il y en avait deux possibles: celle de dire OK, on fait une pause pour réfléchir et analyser, une sorte d'audit interne afin d'être sûrs qu'il n'y a pas de pommes pourries chez nous. Et s'il y en a, on les virera. La seconde ligne de défense, à laquelle nous assistons de façon quasi systématique, est de tout nier en bloc et adopter une mentalité de camp retranché.

    Cette attitude n'est ni un réflexe de défense, ni un signe de gêne, ni une crispation: c'est une stratégie politique structurée. Décortiquons ses mécanismes.

    Pour se transformer en victime, il faut d'abord trouver de faux "vrais coupables": le "système", les opposants politiques, les journalistes "orientés", la Droite républicaine qui est en fait cul et chemise (noire) avec l'hydre fasciste, bref il faut un complot idéologique. Cela fonctionne très bien sur les électeurs déjà méfiants envers les Institutions. Le message devient alors simple: "si je suis attaqué, c'est qu'on veut m'abattre politiquement, et si on veut m'abattre c'est donc que je dis la vérité! Je suis un quasi martyr!".

    Ensuite, le "je n'y suis pour rien". Peu importe si on déclare depuis des années qu'il faut "tout conflictualiser", qu'on traite des groupuscules satellites violents comme la Jeune Garde (officiellement dissoute, officieusement encore présente) de "chers jeunes camarades qu'on admire" et qui devraient penser à des "méthodes impactantes" pour contrer les fachos, qu'on martèle à longueur de temps que "la police tue", qu'on traite tous les Israéliens de génocidaires...tout cela n'est rien!

    Car enfin, ce n'est pas Mélenchon qui ordonne explicitement de taper sur des opposants! Légalement, cet argument est valide. Sur le terrain, il ne l'est pas. Instaurer un climat de conflit et de violence verbale contribue certainement à ce que les éléments les plus radicaux du mouvement se sentent pousser des ailes. S'il y a bien une constante dans l'Histoire, c'est que lorsque la violence verbale est présente, la violence physique n'est pas loin de montrer le bout de son vilain nez.

    Je pourrais citer bien des déclarations de LFIstes jurant leurs grands dieux qu'ils sont blancs comme neige en toutes circonstances, n'ont jamais contribué à un climat de violence, et qu'ils sont en fait les véritables victimes. Palme d'or à Alma Dufour qui a déclaré qu'elle mettait ses deux mains à couper que Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire de Raphaël Arnault, n'avait rien à voir avec une triste affaire de violence ayant eu lieu à Lyon dernièrement, avec la mort en résultat. J'espère qu'elle se remet bien de sa double amputation!

    Il faut bien sûr un ingrédient pour que la sauce prenne complètement: une bonne vieille théorie du complot. Un exemple: une rixe entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite a éclaté? C'est certainement un guet-apens monté par l'extrême-droite pour attirer de pauvres gauchistes dans les filets de néo-nazis ivres de sang. De préférence, une seule source (de gauche bien sûr) sera lanceur d'alerte. Aucune enquête n'aura encore prouvé quoique ce soit, mais certains, qui ont tellement envie d'y croire, se jetteront sur la rumeur comme un affamé sur une assiette bien garnie. Le biais de renforcement positif (ou biais de confirmation) est en effet extrêmement fort: le cerveau humain a tendance à croire en priorité ce qui va dans son sens. 

    Voilà, la stratégie du martyr est en place. Les vrais responsables, c'est le camp d'en face, qui diabolise. Critiquer le chef devient une trahison et une preuve de complot. Ceux qui ont les mains sales sont devenus intouchables, le blindage rhétorique mis en place est impénétrable. L'inversion accusateur - accusé est maintenant complète.

    Vous voulez un mini-kit qui vous permettra d'identifier ce genre de stratégie manipulatrice? Posez-vous ces 4 questions:

    - Le problème est-il nié en bloc, dans un déni total, sans nuance, sans autocritique, sans allusion de responsabilité indirecte?

    - Y a t-il inversion morale: ce ne sont plus les actes ou le climat politique qui sont en cause, mais ceux qui les dénoncent?

    - Le camp qui se victimise est-il sanctifié, à savoir est-il décrit comme un club de blanches colombes?

    - Y a t-il un parfum de complot, comme des médias ligués pour traîner le Parti dans la boue? Ou un évènement non vérifiable par plusieurs sources indépendantes qui cible l'adversaire pour retourner le narratif coupable - victime?

    Si la réponse est oui à ces quatre questions, vous avez affaire à une stratégie de victimisation. Seulement voilà: ce genre de stratégie est basé sur des ficelles suffisamment grossières pour que, très rapidement, les mensonges commencent à se voir.

    Et pour l'instant, le nez des Pinocchio LFIstes s'allonge considérablement.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.

  • Sarkozy et le choeur des pleureuses victimaires.

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    Salut à vous! Aujourd'hui, c'est dimanche, et ce dimanche je tape sur les chantres de la position victimaire. Mais si, vous les connaissez: ces gens pour qui assumer la responsabilité de leurs actes est intolérable, et qui préfèrent se parer de l'auréole du martyr. Ils se plantent ou veulent fuir un conflit potentiel, et c'est toujours la faute des autres.

    Ouin ouin, tu me parles ainsi car je suis une femme.

    Bouh houh, je rate tout ce que j'entreprends mais c'est la faute à la société.

    Sniff sniff, ne me cassez pas les pieds, mes ancêtres étaient Noirs américains/Juifs/je ne sais quoi d'autre et ont été assez persécutés comme çà. 

    Vous voyez ce que je veux dire? Eh bien, cette attitude existe aussi en politique, et nous le voyons suite à la condamnation de Sarkozy pour association de malfaiteurs. Ce dernier a choisi comme ligne de défense de clamer son innocence et dit que, je cite: " Toutes les limites de l'Etat de droit ont été violées". Dans la catégorie "l'hôpital qui se fout de la charité", cette déclaration lui vaut certainement d'arriver vainqueur sur le podium, talonné de près par une certaine Marine Le Pen! Il se rend soudainement compte qu'il n'est pas intouchable, validant ainsi une citation d'un certain Montaigne: "Sur le plus haut trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul". Et quand on tombe, le retour à la réalité est souvent brutal. 

    Mais je ne m'attarderai pas ici sur ce verdict, ni sur les réactions de Sarkozy lui-même. Ce qui m'intéresse, c'est le coeur des pleureuses issu de la Droite qui en a résulté. Mon collègue Nicolas de Partageons mon avis les trouve inaudibles. Je pense quant à moi qu'on ne les entend que trop. Exemples:

    Laurent Wauquiez estime que Sarkozy "a toujours servi la France avec passion et engagement" et "lui redit son soutien". En ce qui me concerne, quand un homme politique devient un repris de justice, tout soutien que j'aie pu manifester devient nul et non avenu. Mais enfin, chacun son truc.

    François-Xavier Bellamy estime quant à lui que "ce traitement exceptionnel, que rien ne justifie, dit tout de ce jugement politique". Cà y est, le complot de la magistrature rouge pointe le bout de son nez.

    Gérard Larcher s'est quant à lui interrogé sur "l'exécution provisoire de la peine, contraignant Sarkozy à aller en prison alors que les voies de recours ne sont pas épuisées". Eh oui, jeté au séchoir comme un vulgaire malfaiteur

    Et puis il y a Stéphane Le Rudulier, qui décroche la palme: ce jugement serait "un tsunami de honte" et il a d'ores et déjà écrit à Emmanuel Macron pour lui demander d'accorder à Sarkozy une grâce partielle portant sur l'exécution provisoire de la peine, ce qui lui éviterait d'aller dormir en prison.

    Je vous passe les déclarations venant du Rassemblement National, qui ont déjà leur victime attitrée en la personne de la Marinette.

    Si on se penche sur ces réactions, c'est bien le bal des hypocrites et la symphonie criarde de la victimisation qui sont à l'ordre du jour. La théorie populiste du complot des juges rouges est sortie du bois. Sarkozy n'est plus un homme jugé et condamné pour ses propres bêtises, mais une victime broyée dans l'étau d'une magistrature pourrie et gangrénée. Alors oui, vous allez me ressortir le "mur des cons", un épisode aussi navrant que scandaleux. Mais est-ce bien une raison pour être persuadé que si vous êtes de droite, vous ne serez pas jugé équitablement? C'est là jeter le bébé avec l'eau du bain. Oui, il est sain de remettre en cause le bon fonctionnement de nos institutions. Mais jeter tous les juges dans le même panier...un malaise commence à me gagner.

    Cela me rappelle l'affaire Fillon suite à des révélations du Canard Enchaîné. Certains n'ont toujours pas digéré le rôle de ce dernier. Et pourtant, la fin de l'histoire fut que Fillon avait bel et bien commis les faits qui lui étaient reprochés.

    La presse, satirique ou non, est un contre-pouvoir indispensable en démocratie. Si certains lui en veulent de faire son travail dès qu'elle pointe du doigt un homme politique qu'ils apprécient, j'estime qu'il y a du souci à se faire. Vous préféreriez une presse aux ordres? 

    Discréditer l'ensemble de la magistrature à coup de théories vaguement complotistes. Critiquer le rôle d'un contre-pouvoir qui fait son taf. Quand je vois çà, le malaise dont je parlais plus haut se fait bien profond. J'exagère peut-être, mais nous avons là un raisonnement qui non seulement est victimaire, mais rappelle furieusement les méthodes de certains populismes qui ne sentent pas vraiment la rose.

    Et les mots ont des conséquences sur les esprits faibles et fanatiques: la présidente du tribunal qui a condamné Sarkozy a reçu des menaces de mort. Cà vous parle?

    Alors non, je ne veux pas m'ériger en parangon de vertu républicaine. Mais la prochaine fois que vous vous poserez en victimes de je ne sais quel complot piloté par nos institutions , où traînerez un contre-pouvoir dans la boue pour avoir fait son travail - fake news, crierait un certain Président à la chevelure orangée: ayez l'honnêteté de vous regarder dans la glace. Je ne veux pas dramatiser et ne vous accuse pas de je ne sais quelles horreurs, mais vous êtes sur une pente glissante. Ce que vous verrez dans le miroir est peut-être bien plus sombre que ce que vous ne pensiez.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.