Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Humeurs de Juliette - Page 2

  • La colère, cette mauvaise conseillère.

    robespierre

    Dans quelques jours, il y aura 6 mois que j'ai repris ce blog. J'avais déjà entamé un petit billet léger et marrant à ce propos. Mais l'actualité en a voulu autrement, et il ne sera pas publié. J'en suis même à me demander si écrire des billets politiques et commenter l'actualité me fait du bien, ou si les fractures de la société française n'en viennent pas à m'influencer, par effet tache d'huile.

    L'extrémisme tue, ce n'est pas une nouveauté

    Je ne commenterai pas le lynchage de Quentin, ni son contexte, ni le climat qui a fait qu'on en est arrivé là - chose qui ne m'étonne guère. Tout au moins, je n'en parlerai pas tout de suite.

    Car cet acte atroce a rendu mes mots dangereux. Je les écris, dans des fichiers qui n'ont pas vocation d'être publiés. Ils ne le seront jamais. Car ils sont d'une violence et d'une laideur indicible. Je reviendrai quand la fureur, cette mauvaise conseillère, aura à nouveau été remplaçée par la Raison.

    Ce que je vois dans mon propre miroir ces derniers jours ne me plaît guère. Ce n'est pas la femme raisonnable habituelle, c'est l'Incorruptible, dans toute son intransigeance et sa déraison.

    Ecrire maintenant ne serait qu'une violence de plus.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.

  • Mourir pour des idées.

    Une belle chanson intemporelle du grand Georges Brassens, anarchiste de coeur mais non-violent dans l'âme. A regarder ce qu'il en est du monde, il aurait tout aussi bien pu l'intituler tuer pour des idées. La belle affaire! J'aimerais avoir sa sagesse, mais j'avoue que souvent ce n'est pas le cas. A méditer.

    A la revoyure,

    Juliette Evola.


  • La dentiste me ramène à la géopolitique.

    ChatGPT Image 16 janv. 2026, 16_44_23.png

    Tranche de vie: je voulais simplement aller chez le dentiste.

    En effet, j'ai de très bonnes dents, mais cela a un effet pervers: je suis extrêmement négligente pour ce qui est de ma santé dentaire. Cela fait bien 10 ans que je n'ai pas été chez le dentiste. Je sais qu'au minimum, un bon détartrage sera nécessaire pour éviter des problèmes futurs.

    Mon dentiste précédent a pris sa retraite, et de toute manière habitait une autre ville. Je demande donc à ma concierge si elle n'a pas un praticien à me recommander. Elle m'indique une clinique dentaire dans le quartier, et je repars avec le nom d'une dentiste sur un bout de papier. Je remarque distraitement que ce nom est d'origine étrangère, peut-être maghrébin ou moyen-oriental. Cela n'est pas surprenant dans une ville multiculturelle comme Bruxelles, où j'habite.

    Oui, il y a moyen de prendre rendez-vous via un site Web, et coup de bol, il y a un créneau dans les 48 heures. Je survole distraitement la page Web de la dentiste, et surtout son CV: diplômée d'une des meilleures universités européennes, stage dans des hôpitaux universitaires réputés et exercice de la pratique dans une clinique londonienne. Ca à l'air nickel.

    Le rendez-vous se passe bien, il y aura quelques menus travaux à faire et la dentiste m'explique de manière très didactique et avec une pointe d'humour les problèmes et les soins qui vont y remédier.

    Je ne suis pas ethnologue, mais je ne peux pas m'empêcher de détailler mon interlocutrice. C'est une jeune femme au visage frappant. Ses cheveux sont noirs d'ébène et ses yeux gris-bleu contrastent avec sa peau d'une blancheur de porcelaine. L'origine indo-européenne est claire comme de l'eau de roche. Mon Euro finit par tomber: au vu de son physique et de son nom moyen-oriental, elle est probablement d'origine iranienne.

    Un retour sur le site Web de la clinique va confirmer ce à quoi je n'avais pas prêté attention: le prénom de ma nouvelle dentiste signifie "femme noble et forte" en persan. Un petit tour sur l'onglet annonçant les langues qu'elle parle écrit le point final:

    Français, néérlandais, anglais, et persan.

    Et voilà l'actualité ainsi que mon propre vécu qui me tombent dessus au détour d'un simple rendez-vous chez la dentiste.

    Mon esprit se met en route en surmultipliée. Comment se sent-elle? A t-elle encore de la famille en Iran, dont elle n'a peut-être pas de nouvelles, à cause de la coupure d'Internet que le régime a mis en place pour pouvoir tuer à son aise? Quelle pression colossale a t-elle sur les épaules, en plus de sa charge de travail quotidienne et la nécessité de rester calme et rassurante?

    Et surtout, dois-je dire quelque chose, quelques mots de solidarité, ou bien la fermer lors de mon prochain rendez-vous? Me voici dans un de ces moments où je doute de ce qu'il faudra dire, ou ne pas dire.

    A ce stade j'ai quitté mon laptop et fais littéralement les cent pas dans le salon. Et comme à chaque fois que je suis perturbée et me sens impuissante, un sentiment puissant m'envahit: c'est la colère. Pas celle des coups de gueule, oh non. Celle-là a la froideur d'une lame d'acier inflexible.  Je sens une vague glacée remonter vers mon diaphragme, j'ai l'impression que des griffes et des crocs vont me pousser, et je pense que si mes cordes vocales étaient équipées pour cela, je grognerais. Il me faut une cible vers laquelle diriger ce pic d'adrénaline, et elle est vite trouvée.

    Iranian protesters.png

    En effet, où sont les manifestations de solidarité avec le peuple iranien? L'extrême-gauche, si vocale pour ce qui était de parler des pauvres Palestiniens, brille par son absence. La Gauche "classique" aussi, d'ailleurs. Quelques soc-dems respectables écrivent des tweets de protestation, mais c'est à peu près tout.

    Pas de manifestations dénonçant la violence répressive de la théocratie islamiste iranienne, drapeaux flottant au vent.

    Pas d'occupations de locaux universitaires (généralement accompagnées par les dégradations que l'on connaît.)

    Pas de rassemblements de masse face à l'ambassade iranienne, demandant la justice et la liberté.

    Pas de propositions de faire flotter des drapeaux iraniens au fronton des mairies, en solidarité avec les protestataires. Faut dire que si c'était le cas, cela voudrait dire ressortir le drapeau frappé du Lion et du Soleil de la monarchie iranienne, abondamment utilisé par les manifestants. Et çà, cela troue le cul d'une certaine Gauche.

    La Droite n'est guère plus vocale bien qu'elle assure un strict minimum via des communications sur les sites de ses partis, mais je n'en ai cure. Ma colère est trop forte que pour permettre une quelconque objectivité, et je retombe par réflexe sur me inimitiés habituelles.

    Non, décidément, nous avons affaire à un de ces conflits qui n'intéressent pas grand monde. En tout cas, pas de quoi se mouiller dans une manif dans la neige et la pluie froide de janvier.

    J'ai comme un goût amer dans la bouche. Et il n'a rien à voir avec celui de la lidocaïne qu'on va m'injecter dans les gencives mardi prochain. Mais il a tout à voir avec la notion d'anesthésie.

    L'anesthésie morale qui frappe les bien pensants lorsqu'un conflit ne les intéresse pas, alors qu'ils sautent partout comme des puces excitées quand leurs "victimes vedettes" sont impliquées.

    Et cela ne me dit toujours pas ce que je vais dire, ou ne pas dire, au Docteur S. mardi prochain.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.

     

  • Fortitude.

    soleil tarot1.jpg

    Courage, compagnon de route, ne trébuche pas

    Même si ton chemin est sombre comme la nuit

    Une étoile guide les endurants, aie foi en sa Lumière

    Et fais ce qui est juste.

     

    Que la route soit rude ou monotone

    Avance bravement, fort ou fatigué

    Aie foi en la Sagesse, en la Raison

    Et fais ce qui est juste.

     

    Faiblissent les manoeuvres et les ruses

    Faiblisse tout ce qui craint la Lumière

    Que tu perdes ou que tu gagnes, suis ta conscience

    Et fais ce qui est juste.

     

    Certains te haïront, d'autres te flatteront

    Ne les écoute pas, regarde vers tes idéaux

    Sois fidèle à tes principes, à tes valeurs

    A ta vérité, et fais ce qui est juste.

     

    Rester simple est le guide le plus sûr

    Paix intérieure et force intérieure

    Etoiles qui demeurent sur notre chemin

    Ecoute la Raison, et fais ce qui est juste!

     

    D'après Norman McLeod, homme d'église écossais du XIXème siècle.