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droite

  • Entre Bruxelles et Paris, cette droite qui n'existe pas.

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    En tant que Française née à Bruxelles, ayant grandi en Belgique et ayant vécu dans ce pays une bonne partie de ma vie, force est de constater que la culture politique d'une personne dépend fortement du pays où elle a vécu et construit sa manière de penser.

    A chaque fois qu'une élection se profile à l'horizon de l'Hexagone, je me trouve confrontée au même problème: il n'y a pas en France de véritable offre politique qui me corresponde. Je suis une éternelle frustrée dont les choix seront toujours guidés par des compromis, voire même empoisonnés par des tiraillements.

    Pourquoi donc? Penchons nous un instant sur ce qui sépare la culture politique belge dans laquelle j'ai grandi de la culture politique française. La France et la Belgique sont des pays voisins très proches culturellement, surtout en ce qui concerne le Sud de la Belgique, de langue française et qui fit partie de l'Empire Français. Mais au niveau du clivage Gauche-Droite, que de différences!

    Pour simplifier: en Belgique, ce clivage a toujours été majoritairement économique, opposant les Socialistes aux Libéraux, les gestionnaires étatistes et les tenants du laissez-faire économique. Une certaine opposition entre les catholiques et les laïcs a existé, mais c'est à bas bruit et s'est vraiment émoussé au cours du temps. Viennent également les conflits communautaires entre les Wallons francophones du Sud du pays et les Flamands néérlandophones du Nord du pays. 

    En France, la réalité est différente. l'héritage de la Révolution et les rapports entre l'Eglise et la laïcité sont teintés de traumatismes transgénérationnels, qui fleurent bon les "prêtres réfractaires" rencontrant leur fin via les noyades de Nantes, les Colonnes Infernales et autres joyeusetés. La centralisation quasi jacobine de Paris amplifiée par un régime présidentiel fort pèse son poids, avec pour effet, entre autres, une certaine aigreur qu'entretiennent certains vis-à-vis des élites culturelles parisiennes. Et surtout, il y a un poids identitaire culturel important au niveau des rapports avec l'Eglise, de l'ordre moral, de l'identité nationale, et des questions sociétales qui montrent une frilosité manifeste par rapport aux autres pays européens.

    Je ne parlerai pas ici des évolutions des Gauches belges et françaises, et m'attarderai maintenant sur le côté droit de l'hémicycle.

    Au vu de ce que je viens d'exposer, on notera que la Droite française s'est construite historiquement comme le camp de la conservation sociale et culturelle, pas seulement économique. Même dans ses rares formes libérales, elle garde un ADN centré sur l'ordre, l'autorité, la famille traditionnelle, et une méfiance vis-à-vis des évolutions sociétales rapides.

    En Belgique par contre, on peut parfaitement être pro-libre marché, pro-fiscalité avantageuse pour les entreprises, en faveur d'un état très à cheval sur l'application de ses prérogratives régaliennes, avoir un regard critique sur les questions migratoires etc...ET être favorable au mariage homosexuel, à l'IVG, à l'euthanasie, à une dose saine de multiculturalisme. Il n'y a pas d'opposition ni de problèmes à ce niveau, particulièrement en Belgique francophone. Un des exemples le plus frappants en est le très droitier Mouvement Réformateur Libéral, majoritaire au gouvernement.

    Aussi, il existe en Belgique des partis de gouvernement de type "en même temps", qui sont harmonieusement intégrés au paysage politique, forment des coalitions gouvernementales viables et ne rencontrent pas le rejet épidermique que beaucoup de Français ont par rapport au macronisme, indépendamment des résultats (ou absence de résultats) de ce dernier sur le terrain.

    Et c'est ici que mes problèmes commencent. Je m'inscris dans la droite ligne (c'est le cas de le dire!) des partis de la Droite libérale belge, à savoir une position globalement de droite MAIS avec une vue beaucoup plus progressiste que la Droite française sur les question sociétales. Cette ligne politique n'est que peu représentée en France...pour ne pas dire qu'elle est inexistante.

    Je suis donc coincée quelque part entre Macron et Retailleau, sans maison politique fixe qui corresponde réellement à ma vision du monde. C'est donc le même cirque à chaque élection: je dois faire des compromis déplaisants. Je souhaite voter à droite mais dois alors faire une impasse sur les questions sociétales. 

    Cette réalité inconfortable est une des raisons qui m'ont fait voter pour Macron. J'ai toujours estimé que ce gars-là était un néo-libéral penchant à droite tant par ses positions économiques que par son style de gouvernance. La réalité me donna raison. Il est également assez progressiste sur les questions sociétales. Il semblait donc occuper à peu près le même espace que mes aspirations politiques. Dix ans plus tard, je tire de son action un bilan extrêmement mitigé, mais ce n'est pas le sujet de ce billet.

    A l'approche des présidentielles de 2027, me voici donc à nouveau coincée avec mes réflexes de droitarde à la Belge, qui ne trouve pas en France l'offre politique que je recherche. Il est extrêmement probable que je vote à droite en laissant de côté mes crispations vis-à-vis du conservatisme sociétal. C'est casse-bonbons mais c'est comme çà.

    Je suis une SDPF, une sans domicile politique fixe. A vot'bon coeur, m'sieurs-dames!

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.

  • La zizanie! En hommage à Astérix et Obélix.

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    En exclusivité sur Juliette Niouzz, une photo du récent bureau politique chez Les Républicains.

    Oui, l'image n'est pas très nette, veuillez m'en excuser. Et oui, on dirait un village atteint de l'hystérie collective de la Danse de Saint Guy au Moyen-Age. Ce qu'on peut décrypter dans cette foire d'empoigne:

    - Tout le monde se tape dessus avec des poissons pas frais;

    - Il y a presque plus de candidats putatifs à l'élection présidentielle que d'adhérents;

    - Le chef qui parle tout le temps d'ordre ne parvient pas vraiment à remettre de l'ordre;

    - Il y a des types qui sont prêts à lui sauter dessus en mode assassinat de César lors des Ides de Mars;

    - On parle de primaires mais plus personne ne sait vraiment ce que çà veut dire ni quelle partie du spectre politique cela englobe.

    Hors champ:

    - Un mec a piqué une crise de nerfs et s'est barré avec pertes et fracas, provoquant un psychodrame digne de X/Twitter;

    - Il y a peut-être quelqu'un qui, comme le barde Assurancetourix, a essayé de pousser une chansonnette sur le thème de l'union des droites, on l'a baîllonné et ligoté dans un coin. Pour l'instant.

    Et dire qu'en face la Gauche se plaint de son manque d'unité. Soyez contents avec ce que vous avez, les gars: on peut toujours trouver pire situation.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.

  • A Gauche comme à Droite, brisons la fenêtre d'Overton!

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    Extrême-gauche, extrême-droite, ultra gauche, giga droite...il n'y a plus suffisamment de superlatifs disponibles pour qualifier ce qui, en politique, est perçu à tort ou à raison comme un tant soit peu radical. Et en ce domaine comme dans bien d'autres, tout ce qui est excessif est insignifiant. Ces qualificatifs sont devenus des mots-valises où nous fourrons ce qui ne nous convient pas et est perçu comme trop radical.

    Ce phénomène n'est pas anodin, et est dû à un déplacement de la Fenêtre d'Overton. Késaco?

    La fenêtre d'Overton est une métaphore qui représente les idées acceptables au sein d'une société. 

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    Ce qui est intéressant, c'est que pour un sujet donné, cette fenêtre n'est pas statique dans le temps: elle peut se déplacer, s'élargir ou rétrécir, en fonction des évolutions de la société, des mentalités, et des systèmes politiques en place. 

    Prenons un exemple: il n'y a pas si longtemps, traiter quelqu'un de nègre ou de tantouze faisait partie du vocabulaire courant. De nos jours, ce n'est évidemment plus acceptable (et c'est très bien): la Fenêtre d'Overton s'est déplacée, ce qui était du domaine du vocabulaire courant est devenu persona non grata.

    Le déplacement de la Fenêtre d'Overton peut donc refléter une évolution sociétale et intellectuelle naturelle, mais attention: il peut également être artificiellement déplacé de façon volontaire à des fins de propagande et de stratégie politique.

    Prenons pour exemple le clivage Gauche-Droite.

    Récemment, mon pote de blog Nicolas s'est indigné du fait que LFI ait été classé à l'extrême-gauche par le Ministère de l'Intérieur. Je n'analysera pas en détail la pertinence ou non de cette décision, mais il n'en est pas moins vrai que Nicolas souligne dans son billet un fait essentiel: il se demande en quoi certaines positions de LFI diffèrent de celles des Socialistes en 1981? 

    Disons qu'une nouvelle variable s'est introduite: les copinages à vues électoralistes de certains LFI, la Méluche en tête, avec les partisans de l'Islam radical. Je pense que la classification de LFI à l'extrême-gauche provient principalement non pas de son programme socio-économique, mais de ses acquaintances parfois formelles et parfois informelles avec la nébuleuse islamiste, anar, antifa et autres mouvances radicales dont le but n'est certainement pas le bien de nos valeurs démocratiques et républicaines.

    Toujours est-il que nous voyons bien que la Fenêtre d'Overton s'est déplacée. Des prises de langue avec des factions non démocratiques inacceptables sont devenues tolérables pour beaucoup. Pire encore, un effet tache d'huile n'épargne pas certains socialistes. Je ne suis pas prête à oublier Olivier Faure qui voulait hisser le drapeau palestinien au fronton des mairies, et j'oublierai encore moins les socialistes qui ont voté contre la désignation des Frères Musulmans comme organisation terroriste, malgré leurs liens historiques et idéologiques avec le djihadisme, ainsi que leur entrisme revendiqué. La perte de confiance et la fracture qui ont eu lieu dans ma tête suite à tout çà n'est pas prête de se résorber. Et ce sont toutes les formations de Gauche qui ont pris ce parti.

    Franchement, heureusement qu'il y a le blog de Nicolas pour me rappeler que tous ne suivent pas cette tendance délétère. En plus, parfois il parle de bitures, de nichons et de bites, et c'est marrant.

    Cette tolérance vis-à-vis de gens qui ont comme but de mettre a bas nos institutions est, à mes yeux, tout à fait impardonnable, et reflète un calcul électoraliste que je ne suis pas loin de qualifier d'immoral. Et je ne dois pas être la seule - avec bien des hommes de Gauche respectables - à m'insurger contre ce glissement vers la tolérance de l'extrême. La fenêtre d'Overton s'est déplacée, on tolère désormais des choses intolérables.

    Je n'ai qu'un conseil à vous donner, gens de Gauche: brisez, brisez la Fenêtre d'Overton! Revenez à vos fondamentaux humanistes, prenez ouvertement vos distances avec ce qui ne saurait être acceptable en démocratie, sinon vous cesserez immanquablement d'exister. Bien des électeurs finiront par les yeux sur ces pratiques et s'en iront, écoeurés. Les autres seront siphonnés par LFI. Adieu, goodbye, auf wiedersehen.

     

    A Droite, le mécanisme est similaire mais un peu différent. Dans ce cas, des valeurs qui étaient des marqueurs traditionnels de la Droite républicaine (disons, le bon vieux RPR) sont maintenant qualifiées par certains opposants d'idées d'extrême-droite.

    Vous osez sous-entendre que certaines franges des populations immigrées cultivent des valeurs religieuses intégristes incompatibles à une bonne intégration? EXTRÊME-DROUÂTE!

    Vous aimeriez un peu plus d'ordre et de respect de l'autorité de l'Etat? EXTRÊME-DROUÂTE!

    Vous suggérez que la civilisation européenne a une base judéo-chrétienne? EXTRÊME-DROUATE! Torquemada est à nos portes!

    Vous dites que vous êtes de Droite, tout simplement? AÏE AÏE AÏE! Les z'heures les plus sombres de notre Histoire relèvent le nez (et le bras droit)!

    OK, j'utilise l'outrance sarcastique pour faire passer mon message, mais je suis sûre que vous voyez le tableau. Prenez n'importe quelle personnalité suffisamment droitière d'un parti comme, disons, tout à fait au hasard LR, et vous allez voir à quelle vitesse les allusions vont fuser. Certaines valeurs de la Droite républicaine sont maintenant taxées d'extrême-droitisme. Rien n'est plus faux: elles ont été éjectées de force de la Fenêtre d'Overton. Et là encore, je n'ai qu'un conseil à donner:

    Brisez, brisez-moi cette fichue Fenêtre d'Overton! Récupérez l'héritage qui est le vôtre, sans le diluer dans un gloubiboulga mollasson dans l'espoir illusoire de séduire l'électeur indécis. Il y a un moment où il faut assumer ce qu'on est, sans pour autant verser dans les divagations populistes de la véritable extrême-droite. L'électeur est suffisamment malin pour reconnaître la différence et apprécier un discours clair.

    Allons. Un peu de courage. Je veux voir ces Fenêtres d'Overton malsaines se briser, et le verre voler en éclats. Faites cela, et vous regagnerez ma confiance. Et pour certains d'entre vous, peut-être même mon vote. Il faut sortir du bourbier des compromissions, des divisions, des incertitudes, des renoncements, des trahisons du clientélisme pragmatique.

    Il faut la claire épée de la volonté qui tranche. Je ne parle évidemment pas d'arme au sens littéral: il s'agit ici de l'épée symbolique dont parlent les philosophies et traditions, l'incarnation de la volonté agissante qui trace le chemin.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.

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