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La Mariée était en Noir.

  • Chaos ambient et humeur printanière.

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    Fin février, il y a eu 6 mois que j'ai recommencé à bloguer, après un hiatus d'environ 18 ans. Je comptais écrire un billet pour faire le bilan de ces 6 mois, mais l'actualité brûlante m'en a empêchée. Dans ma première note, je précisais vouloir tenir un blog généraliste dans lequel je parlerais de temps en temps de politique, mais force est de constater qu'à part quelques rares billets sur l'IA, je n'ai parlé que de çà, MDR!

    Néanmoins, l'envie de parler politique suit chez moi un schéma biphasique: pendant un certain temps je m'excite sur divers sujets d'actualité, généralement de manière sarcastique, puis vient une pause durant laquelle tout cela me fatigue un peu.

    Le printemps est revenu en ma bonne ville, les parcs sont plein de fleurs et on sort les premiers barbecues...je vous avoue que j'ai bien plus envie de faire des randonnées en forêt que de m'enfermer face à mon ordinateur, à la recherche de sujets qui régulièrement me retourneront l'estomac de par leur nature anxiogène.

    J'aurais fait une très mauvaise politicienne: je suis capable d'analyse froide mais je m'investis fortement dans mes émotions, et même des évènements sur lesquels je n'ai aucun contrôle feront vibrer ma fibre affective. Et ne nous y trompons pas, il n'y a dans mon caractère nulle tiédeur: je peux souhaiter des compromis si le bien collectif l'exige, mais il n'y a en moi pas une once de consensus mou.

    Bref.

    Je pourrais parler des municipales, mais franchement je n'ai guère eu envie d'analyser les statistiques et les résultats de ville en ville. Les palabres qui suivent lesdits résultats des scrutins vont toujours un peu dans le même sens: ceux qui ont gagné ont gagné, ceux qui ont perdu se félicitent de ne pas avoir trop perdu, donc d'avoir un peu gagné quand même, et tous se livrent à des contorsions spectaculaires pour dire qu'ils sont, ou restent, ou sont en passe de devenir la première force politique de France. D'accord, j'exagère, mais pas tant que çà. 

    Question stratégies il y a quand même quelques baffes (méritées) qui se sont prises. Je n'ai pas envie d'élaborer au sujet des stratégies électorales hasardeuses de la Gauche auxquelles je fais allusion, donc je me bornerai à citer un politicien britannique dont j'ai oublié le nom: donnez à vos adversaires suffisamment de corde, et ils finiront par être suffisamment stupides que pour se pendre eux-mêmes. Comprenne qui pourra.

    Impossible de ne pas dire quelques mots au sujet de la situation en Iran. Je suis souvent une éternelle pessimiste, et c'est le cas ici. Oui, cela m'a fait bien plaisir de voir le régime des mollahs s'en prendre plein la figure, et la disparition du guide suprême Khameinei ne m'a fait verser aucune larme. Cependant, je ne crois pas à une résolution rapide du conflit, et j'émets quelques doutes quant au renversement du pouvoir en place. Je ne pense pas que Trump enverra des troupes au sol. Il n'est pas aussi stupide que d'aucuns le pensent, et l'enlisement des USA lors d'autres aventures martiales moyen-orientales est encore dans toutes les mémoires. 

    Pour ce qui est d'une insurrection populaire qui renverserait le régime islamiste, il faudrait que les opposants soient organisés et armés. Ce n'est pas le cas. La branche politique des Gardiens de la Révolution est fortement enracinée à tous les niveaux de l'Etat, de l'armée et de l'administration. Ces gens lui doivent leur situation professionnelle, ils ne tourneront pas casaque facilement.

    L'Iran est un gros morceau à avaler: la guerre dure depuis près de 3 semaines, et ils sont toujours là, affaiblis mais combatifs, à riposter, porter des coups et envoyer des missiles.  

    Et évidemment il y a le Détroit d'Ormuz, par lequel transite une bonne partie du commerce pétrolier mondial. Le contrôle de ce point stratégique est une sacrée carte maîtresse. Nous le sentons déjà en faisant le plein, et si le conflit s'éternise nous ne tarderons pas à le sentir en faisant nos courses alimentaires. En effet, l'industrie agro-alimentaire est liée directement ou indirectement à l'industrie pétrochimique, via la production d'énergie et d'infrastructures basées sur les dérivés du pétrole.

    Je crains fort que soit le conflit ne s'enlise, voire tourne au chaos ou à la guerre civile, soit s'arrête et que l'on retrouve un Iran affaibli certes, mais qui avec le temps se ré-armera et recommencera à jouer son rôle de maître marionettiste du terrorisme international.

    Pareil pour le Hezbollah, qui dépend directement de l'Iran. Israël va leur mettre une pile et les affaiblira provisoirement...mais si l'Iran se redresse dans quelques années tout sera à refaire. 

    Les conflits au Moyen-Orient, c'est comme la malaria. On n'en guérit pas, on est tranquille un moment mais une crise finira toujours par réapparaître.

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    Pour ce qui est d'Israël, je voudrais faire une parenthèse informative. Quand on parle de gens dans des abris qui se prennent vague après vague de missiles balistiques, les occidentaux on tendance à s'imaginer une population terrorisée se terrant dans des sous-sols crasseux. Rien n'est plus éloigné de la réalité.

    Non seulement dans les abris mais aussi dans les parkings en sous-sol, des villages souterrains se créent de façon organisée. On y amène des tentes utilisées d'habitude quand on fait du camping, ainsi que tables et chaises. On décore les lieux pour célébrer mariages et anniversaires. Des discothèques clandestines (mais tolérées par la police et la protection civile) apparaissent, avec DJ, platines et karaokés. Les plus grands hôpitaux du pays comme l'Hôpital Ramban à Haïfa ont ré-amménagé en sous-sol. Tous les services, y compris la chirurgie, étaient à nouveau opérationnels au bout de 12 heures. On donne cours aux enfants, des garderies ont été installées, on a amené les croquettes de Médor, des toilettes provisoires et de quoi les désinfecter sont en place. Moshe râle parce qu'il n'y plus de chocolat en réserve, et Esther soupire car les explosions des missiles anti-missiles du système Dôme de Fer sont quand même fort bruyantes, et que le chat en a pissé de trouille hors de son bac.

    Je sais tout cela non pas via une propagande d'origine discutable, mais parce que des amis sur place me racontent ce qui se passe en direct. Je ne m'en fais pas pour eux, et ils tiendront moralement autant de temps qu'il faudra. Vous pouvez penser tout ce que vous voulez des Israéliens et de la politique de leur gouvernement, mais ils ont des colonnes vertébrales non pas en os, mais en acier au carbure de tungstène.

    Eh bien voilà, je voulais vous faire une revue de ces 6 mois de blog, et je suis à nouveau repartie sur l'actualité. Je suis décidément irrécupérable!

    Terminons malgré tout ce billet d'une façon légère et positive. Lorsque j'ai ré-ouvert mon blog, je ne pensais pas retrouver l'ambiance qui régnait dans la blogosphère de 2007. Et bien si, je l'ai un peu retrouvée! C'est toujours agréable et stimulant de trouver des commentaire sous mes billets, et parfois d'engager des débats acharnés. Et avec les présidentielles de l'an prochain, je suppose que les sujets ne manqueront pas!

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola

     

  • Humour d'entre deux tours.

    élections municipales,PS,LFI,RN,Mélenchon,Bardella,Le Pen

    Allons, souriez, voyons! C'est de l'humour. Et un petit dessin vaut mieux qu'un long discours.

    Humour vache, certes, mais après tout, les municipales: même la presse belge en parle! J'aurais voulu vous donner un échantillon représentatif, malheureusement les articles de fond sont réservés aux abonnés.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.

  • Ce collier qui pouvait vous faire tuer.

    collier.jpg

    Ceux qui suivent ce blog régulièrement savent pourquoi ce qui se passe en Iran est proche de mon cœur : mon regretté mari était un chrétien d’Orient iranien dont la famille avait fui le pays en 1979 suite à la prise de pouvoir de Khomenei. Je vous avais raconté cette histoire ici.

    Il est donc évident que le déclenchement de la guerre USA – Israël – Iran est pour moi bien plus qu’une série d’articles de presse, ou pire : de controverses idéologiques sans fin.

    Ces évènements me touchent à un deuxième niveau, j’ai en effet vécu 6 ans en Israël. Cela ne me donne pas pour autant un diplôme en géopolitique moyen-orientale, mais il est malgré tout certaines choses que j’ai vécues en personne, et non pas vues depuis le confort d’une maison européenne.

    Lorsque la poussière des premières frappes aériennes sera un peu retombée, j’écrirai probablement un billet sur le sujet. Mais pas maintenant. Ce que j’ai à partager est beaucoup plus intime. Je vous demanderai d’ailleurs de ne pas partir en analyse politique dans les commentaires – vous aurez l’occasion de le faire quand et si j’écris un billet sur la question. En attendant, merci de respecter les émotions qui découlent de mon vécu.

     

    Le collier que vous voyez en photo me vient de ma belle-mère, N., avec qui je m’entendais très bien.

    Il est fait de pierres semi-précieuses mal taillées, montées sans élégance, et d’une croix en argent de mauvaise qualité sur le modèle typiquement entrelacé de l’art chrétien arménien syriaque ou copte. Un objet modeste, visiblement artisanal. Et, dans l'Iran de Khomeini, posséder un tel objet était devenu une sentence de mort.

    N. était croyante et pratiquante. Elle tenait à ce que ce collier aille à quelqu’un qui avait été baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. J’ai été baptisée dans la foi catholique, même si je me dis aujourd’hui agnostique. Mais ce baptême comptait aux yeux de N.

    Cela peut faire ricaner les plus laïcards d'entre vous, je le conçois. Mais lorsqu’on a vécu dans la peur de ne pas arriver à fuir son propre pays avant de se faire tuer sur place à cause de sa foi, c’est tout de suite moins rigolo.

    J’avais avec N. des discussions interminables sur l’origine du monde, la nature de la foi et de la non-croyance. Elle ne m’a jamais jugée ni tenté de me convaincre, et je lui rendais largement la pareille. Je comprenais surtout que le fait de pouvoir évoquer librement sa foi avec une personne ouverte, curieuse et bienveillante (et sans risquer de se faire trucider) était profondément thérapeutique et libérateur pour elle.

     

    Ma belle-mère n’a pas donné ce collier à son fils., ni à personne d’autre dans sa famille. Tous avaient rejeté la foi, parfois avec colère. Ils avaient connu la peur, la fuite, la mort. La religion n’était pour eux ni refuge ni consolation, mais une ombre inquiétante de ce qui peut se passer quand la foi se change en instrument de terreur.

    N. le comprenait, et elle savait aussi que je n’étais pas systématiquement hostile à ce qui relève du sacré. J’ai quant a moi bien compris qu’il ne s’agissait pas d’un simple bijou, mais de la transmission d’un héritage qui ne voulait en aucun cas disparaître.

    ChatGPT Image 2 mars 2026, 14_48_01.png

    Alors maintenant que l’Iran vacille à nouveau et voit s’ouvrir devant lui un futur incertain, je repense à ce geste. Malheureusement, mon mari et sa mère ne sont plus parmi nous et ne verront pas ce qui se joue peut-être, à savoir le possible effondrement de ce régime qui les a forcés à fuir, et tué certains des leurs. Je ne suis pas sûre de croire en l'au-delà, mais pour le coup j'espère que c'est vrai et qu'ils suivent les évènements via je ne sais quel media céleste.

    Je me demande si, finalement, je ne vais pas me mettre à le porter, ce putain de collier.

    Dans le même état d’esprit de transmission, N. m’avait également appris à chanter le Notre Père en araméen, selon le rite orthodoxe syriaque. Ce chant était resté dans un coin de ma tête, comme un vieil objet inutilisé qui prend la poussière au grenier mais qu’on ne peut pas se résoudre à jeter.

    Aujourd’hui, face aux évènements, cette prière me revient en mémoire. Et avec elle l’idée qu’une prière peut survivre à ceux qui l’ont portée, à ceux qui l’ont rejetée, et même à ceux qui doutent.

    Ce chant existait avant l’exil. Avant la peur. Avant 1979. Il est la preuve que les balles peuvent abattre des corps, mais sont impuissantes à tuer les idées.

     

    Ecrit avec mes tripes sur la table ,

    Juliette Evola.

     

  • Reprise des vols Tel-Aviv - Téhéran.

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    Nous vous annonçons la reprise des vols réguliers Tel-Aviv - Téhéran, interrompus depuis 1979 lors de l'établissement de la théocratie islamiste de Khomenei.

    Interrogeons un client.

    "Monsieur Ali Khamenei, quelques mots pour Radio Karma?"

    "Oui. J'étais tranquilou en train de prendre mon petit déjeûner et tout d'un coup, je me retrouve en compagnie de mes potes et ex-employés Nasrallah, défunt chef du Hezbollah et Sinwar, défunt chef du Hamas, accompagnés par nos 72 vierges respectives. Je ne suis pas sûr d'être très content, mais le service a été fort rapide et ciblé, on peut leur remettre çà".

     

    Ouverture de la section "Humour débile" sur ce blog. Y compris, mais non limité à l'humour bête et méchant. Hein? Quoi? Vous rouspétez déjà les fragiles? J'ai grandi avec Charlie Hebdo, Fluide Glacial, Coluche et Pierre Desproges, alors le politiquement correct, vous ne le trouverez pas ici.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.

  • Victimes stratégiques: mode d'emploi.

    ChatGPT Image 23 févr. 2026, 15_46_58.png

    Se poser en victime. Nous l'avons tous fait, un jour ou l'autre, et c'est humain. Ce matin, vous avez raté votre train, êtes arrivé en retard au boulot et vous êtes fait engueuler par votre manager, tout cela pour apprendre à la réunion suivante qu'un jeune coq bien moins expérimenté que vous sera promu au poste que vous lorgniez depuis longtemps. Voilà une journée calamiteuse qui vaut bien la peine que vous pleuriez sur votre propre nombril pendant un moment!

    Mais il y a ceux qui font de la victimisation leur fonds de commerce permanent. Ils ne s'apitoient pas sur leur sort qu'une fois de temps en temps, mais systématiquement. Vous les avez déjà croisés: ceux qui sont maltraités par la vie, mais c'est toujours la faute de quelqu'un d'autre. Ils ne réussissaient pas bien à l'école? Tous les profs étaient injustes avec eux! Ils se font virer pour la énième fois de leur boulot? Tous leurs managers étaient des salauds, et ils étaient des génies incompris. C'est la troisième copine qui les plaque? Toutes des garces!

    Je les appelle les "ouin-ouin", ou les Caliméro. Profils toxiques à éviter autant que possible.

    Dans les cas que je viens de décrire, il s'agit d'un comportement social, un modèle de fonctionnement psychologique. Mais, et cette fois je me tourne vers le monde politique, se faire passer pour une victime alors que dans les faits on n'a ni la conscience ni les mains immaculées, ce n'est pas un réflexe instinctif mais bien une stratégie calculée. Elle est commune à tous les bords politiques. Admirons quelques exemples:

    Voici un Sarkozy, qui cumule plus de casseroles qu'un magasin de quincaillerie, mais se pose en martyr quasi christique, priant à genoux dans sa cellule et écrivant un livre où tous les acteurs d'une cabale imaginaire y passent. Le complot des juges rouges. L'Etat de Droit, atrocement bafoué nous dit-il. Le "système", qui depuis des années veut sa peau. Macron lui-même, qui l'a laissé finir au violon, après l'avoir en outre privé de sa Légion d'Honneur

    Et voilà Marine Le Pen, qui s'est quand même fait prendre avec les doigts dans le pot de confiture, se poser également en victime: son procès n'est qu'une machination visant à l'empêcher de se porter candidate à la présidentielle. Faut dire que pour ériger des totems de victimisation, son parti n'est pas en reste pour se poser en parias du fameux "système". C'est une stratégie de communication bien rôdée. Pour qu'elle fonctionne, il faut faire appel à des méthodes populistes bien connues, notamment le leader injustement calomnié, et le "peuple pur" contre les élites, théorie si bien expliquée par Robespierre et son copain Saint - Just.

    Stratégie, le mot est lançé. Nous allons analyser les méthodes qui la sous-tendent, à chaque fois qu'elle est employée.

    Je vais donc maintenant aborder le coeur du sujet, en examinant la stratégie de communication de LFI en général, et de Mélenchon en particulier, qui se met en place dès que quelque chose leur est reproché.

    Que disent les Méluche, Bompard, Panot, Delogu et compagnie lorsqu'on les pointe du doigt pour des faits d'incitation à la violence, de violence tout court, ou de proximité assumée avec des gens aussi louches que la Jeune Garde? Eh bien, ils jurent leurs grands dieux qu'ils ne sont pas responsables de quoique ce soit. Ils ont toujours condamné la violence politique. Ils sont les innocentes victimes de gens qui font de la récupération politique de faits douteux ou tragiques afin de les diaboliser. Et si ma tante en avait...

    Pourquoi adoptent-ils cette ligne de défense? Il y en avait deux possibles: celle de dire OK, on fait une pause pour réfléchir et analyser, une sorte d'audit interne afin d'être sûrs qu'il n'y a pas de pommes pourries chez nous. Et s'il y en a, on les virera. La seconde ligne de défense, à laquelle nous assistons de façon quasi systématique, est de tout nier en bloc et adopter une mentalité de camp retranché.

    Cette attitude n'est ni un réflexe de défense, ni un signe de gêne, ni une crispation: c'est une stratégie politique structurée. Décortiquons ses mécanismes.

    Pour se transformer en victime, il faut d'abord trouver de faux "vrais coupables": le "système", les opposants politiques, les journalistes "orientés", la Droite républicaine qui est en fait cul et chemise (noire) avec l'hydre fasciste, bref il faut un complot idéologique. Cela fonctionne très bien sur les électeurs déjà méfiants envers les Institutions. Le message devient alors simple: "si je suis attaqué, c'est qu'on veut m'abattre politiquement, et si on veut m'abattre c'est donc que je dis la vérité! Je suis un quasi martyr!".

    Ensuite, le "je n'y suis pour rien". Peu importe si on déclare depuis des années qu'il faut "tout conflictualiser", qu'on traite des groupuscules satellites violents comme la Jeune Garde (officiellement dissoute, officieusement encore présente) de "chers jeunes camarades qu'on admire" et qui devraient penser à des "méthodes impactantes" pour contrer les fachos, qu'on martèle à longueur de temps que "la police tue", qu'on traite tous les Israéliens de génocidaires...tout cela n'est rien!

    Car enfin, ce n'est pas Mélenchon qui ordonne explicitement de taper sur des opposants! Légalement, cet argument est valide. Sur le terrain, il ne l'est pas. Instaurer un climat de conflit et de violence verbale contribue certainement à ce que les éléments les plus radicaux du mouvement se sentent pousser des ailes. S'il y a bien une constante dans l'Histoire, c'est que lorsque la violence verbale est présente, la violence physique n'est pas loin de montrer le bout de son vilain nez.

    Je pourrais citer bien des déclarations de LFIstes jurant leurs grands dieux qu'ils sont blancs comme neige en toutes circonstances, n'ont jamais contribué à un climat de violence, et qu'ils sont en fait les véritables victimes. Palme d'or à Alma Dufour qui a déclaré qu'elle mettait ses deux mains à couper que Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire de Raphaël Arnault, n'avait rien à voir avec une triste affaire de violence ayant eu lieu à Lyon dernièrement, avec la mort en résultat. J'espère qu'elle se remet bien de sa double amputation!

    Il faut bien sûr un ingrédient pour que la sauce prenne complètement: une bonne vieille théorie du complot. Un exemple: une rixe entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite a éclaté? C'est certainement un guet-apens monté par l'extrême-droite pour attirer de pauvres gauchistes dans les filets de néo-nazis ivres de sang. De préférence, une seule source (de gauche bien sûr) sera lanceur d'alerte. Aucune enquête n'aura encore prouvé quoique ce soit, mais certains, qui ont tellement envie d'y croire, se jetteront sur la rumeur comme un affamé sur une assiette bien garnie. Le biais de renforcement positif (ou biais de confirmation) est en effet extrêmement fort: le cerveau humain a tendance à croire en priorité ce qui va dans son sens. 

    Voilà, la stratégie du martyr est en place. Les vrais responsables, c'est le camp d'en face, qui diabolise. Critiquer le chef devient une trahison et une preuve de complot. Ceux qui ont les mains sales sont devenus intouchables, le blindage rhétorique mis en place est impénétrable. L'inversion accusateur - accusé est maintenant complète.

    Vous voulez un mini-kit qui vous permettra d'identifier ce genre de stratégie manipulatrice? Posez-vous ces 4 questions:

    - Le problème est-il nié en bloc, dans un déni total, sans nuance, sans autocritique, sans allusion de responsabilité indirecte?

    - Y a t-il inversion morale: ce ne sont plus les actes ou le climat politique qui sont en cause, mais ceux qui les dénoncent?

    - Le camp qui se victimise est-il sanctifié, à savoir est-il décrit comme un club de blanches colombes?

    - Y a t-il un parfum de complot, comme des médias ligués pour traîner le Parti dans la boue? Ou un évènement non vérifiable par plusieurs sources indépendantes qui cible l'adversaire pour retourner le narratif coupable - victime?

    Si la réponse est oui à ces quatre questions, vous avez affaire à une stratégie de victimisation. Seulement voilà: ce genre de stratégie est basé sur des ficelles suffisamment grossières pour que, très rapidement, les mensonges commencent à se voir.

    Et pour l'instant, le nez des Pinocchio LFIstes s'allonge considérablement.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.