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La Mariée était en Noir. - Page 6

  • Ukraine: le plan de paix de la honte.

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    Il y a quelques jours, le faiseur de paix auto-proclamé de Washington, sa très instable Majesté Donald 1er, a proposé un plan de paix en 28 points pour mettre fin au conflit en Ukraine. On voit que le Black Friday approche et que c'est les soldes: tout est bradé, tout doit partir! Petit florilège:

    2. Un accord global de non-agression sera conclu entre la Russie, l'Ukraine et l'Europe. Toutes les ambiguïtés laissées en suspens ces 30 dernières années seront considérées comme réglées. Ben voyons, c'est comme aller à confesse, on efface l'ardoise et on met toutes les choses dérangeantes sous le tapis. Bon plan pour la Russie qui verrait ainsi la fin des ambigüités territoriales au Donbass, et dans les zones de Donetzk et Louhansk, arrachées à l'envahisseur au prix du sang.

    3. Il est attendu que la Russie n'envahisse pas les pays voisins et que l'Otan ne s'étende pas davantage. Désopilant. De Pierre le Grand de Russie à Catherine II en passant par le peintre autrichien moustachu, bien des autocrates ont signé des pactes de non-agression. Avec les résultats que l'on sait.

    6. Les forces armées ukrainiennes seront limitées à 600 000 militaires. Ah, voilà. C'est à l'agressé qu'on demande de démilitariser, pas à l'agresseur. Fantastique!

    7. L'Ukraine accepte d'inscrire dans sa constitution qu'elle ne rejoindra pas l'Otan, et l'Otan accepte d'inclure dans ses statuts une disposition spécifiant que l'Ukraine ne sera pas intégrée à l'avenir. C'est tellement énorme que c'en est une insulte à l'intelligence. Cette clause retire techniquement à l'Ukraine le droit d'avoir des alliés qui pourraient la défendre en cas d'agression. Et cela doit être gravé dans la Constitution. On a un baril de vaseline en prime avec çà, j'espère?

    13. La Russie sera réintégrée dans l'économie mondiale, avec des discussions prévues sur la levée des sanctions, la réintégration du G8 et la conclusion d'un accord de coopération économique à long terme avec les États-Unis. Nous y voilà: on récompense l'agresseur impérialiste en lui offrant une nouvelle virginité. Répugnant.

    26. Toutes les parties impliquées dans ce conflit bénéficieront d'une amnistie totale pour leurs actions pendant la guerre et s'engageront à ne faire aucune réclamation ni n'envisager aucune plainte à l'avenir. Sans nul doute ma préférée pour ce qui est de l'ignominie! Pas possible autrement, c'est Poutine lui-même qui a pondu cette ligne. Amnistie pour les crimes de guerre, les tortures de prisonniers et même de civils, les viols comme arme de guerre. On croit rêver, ou plutôt cauchemarder.

    Je pourrais continuer longtemps car tout est du même acabit, mais j'ai envie de vomir.

    Cette proposition n'est pas un accord de paix, c'est un acte de capitulation en bonne et due forme. Avec un "allié" comme Trump, nul besoin d'ennemis - s'il vous arrive malheur, il y a de bonnes chances qu'il ne vous défendra pas. Cela fait un moment que Trump cire les pompes de Poutine, mais à ce stade ce n'est plus du cire-godasses, c'est du lustrage de poireau.

    Nous voici revenus à l'esprit de Yalta après la Seconde Guerre Mondiale: les grandes puissances s'arrangent entre elles sur le dos de l'Europe, qui n'a qu'un petit strapontin pour assister au dépeçage géopolitique. Et hélàs, même si Macron, Starmer, Merz et von der Leyen ont immédiatement réagi en vue d'essayer de peser dans la balance pour apporter des amendements à cet accord indigne...le poids diplomatique de notre Vieux Continent pèse bien peu face aux petits arrangements entre amis entre l'autocrate du Kremlin et le bouillonnant Agent Orange de la Maison Blanche. Car voyez-vous, ils partagent la même vision du monde: l'usage de la force décomplexé. 

    ChatGPT Image 21 nov. 2025, 19_03_27.png

    A l'heure où des drones absolument pas russes, Poutine le jure, testent les frontières aériennes des pays baltes, de la Pologne, ou de la Belgique, il est grand temps pour nous Européens de changer de mentalité. La Paix dont nous nous étions accommodés depuis des générations n'est pas gravée dans le marbre. Il est temps de repenser une Europe forte avec une voix diplomatique conjointe, et une capacité militaire de dissuasion et de riposte crédible. Le tout sous parapluie nucléaire franco-britannique au cas où les USA nous laissent tomber comme de vieilles chaussettes. Plus facile à dire qu'à faire, et je n'en connais pas les moyens, mais je n'ai aucun doute sur le fait que la Coalition des Volontaires menée par la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne soit un premier pas - si embryonnaire soit-il -  dans la bonne direction.

    Mais j'ai lu des choses plus dérangeantes encore en réaction à cette proposition "d'accord de paix en levrette forçée". Et pas sur les rézozos sociaux que je ne fréquente plus depuis belle lurette, mais bien dans les commentaires de la presse en ligne, ou lors de discussions dans la vie réelle. Je passe sur la naïveté navrante de ceux qui disent qu'un mauvais accord de paix vaut mieux qu'une guerre. Churchill aurait bien des choses à leur répondre sur la guerre, la paix et le déshonneur. Je passe également sur l'aveuglement coupable de ceux qui prétendent que ce qui se passe en Ukraine ne nous regarde pas...alors que nous avons un conflit actif aux frontières de l'Europe, à peine à 2000 kilomètres de Paris. Et que l'Histoire nous a prouvé que lorsqu'une puissance impérialiste a recours à la force pour faire bouger les frontières, elle y prend vite goût.

    Car il y a bien pire discours. Celui de ceux qui ne se gênent pas pour blâmer la victime et ses défenseurs face à l'agresseur. La guerre serait de la responsabilité de Zelensky, et elle continuerait par sa faute et celle d'un Macron, ou d'un Keith Starmer, ou d'un Friedrich Merz, qui seraient d'horribles va-t-en-guerre. Les jean-foutre qui tiennent ce genre de discours me feraient pitié si je n'étais pas capable d'autre chose que d'un mépris glacial. 

    Car ils sont sous emprise - dans le sens psychologique du terme - comme les victimes de pervers narcissiques qui adulent leur bourreau et lui pardonnent au lieu de le blâmer. Ils font aussi penser aux gens qui condamnent la femme violée au dépens de son violeur, car elle n'aurait pas dû s'habiller sexy, et a "probablement provoqué les choses."

    D'ailleurs, la boucle est bouclée: Trump vient de pointer un doigt accusateur vers l'Ukraine, qui a rejeté son pacte capitulard. L'Ukraine n'aurait, à l'entendre, "aucune gratitude". La victime transformée en coupable, la vérité devenue mensonge. 

    Tout au long de l'Histoire humaine, on a toujours pu trouver des hommes pour les missions et les postures déshonorantes. Méfiez-vous: dans beaucoup de cas, la trahison n'est pas loin.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola

  • Fortitude.

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    Courage, compagnon de route, ne trébuche pas

    Même si ton chemin est sombre comme la nuit

    Une étoile guide les endurants, aie foi en sa Lumière

    Et fais ce qui est juste.

     

    Que la route soit rude ou monotone

    Avance bravement, fort ou fatigué

    Aie foi en la Sagesse, en la Raison

    Et fais ce qui est juste.

     

    Faiblissent les manoeuvres et les ruses

    Faiblisse tout ce qui craint la Lumière

    Que tu perdes ou que tu gagnes, suis ta conscience

    Et fais ce qui est juste.

     

    Certains te haïront, d'autres te flatteront

    Ne les écoute pas, regarde vers tes idéaux

    Sois fidèle à tes principes, à tes valeurs

    A ta vérité, et fais ce qui est juste.

     

    Rester simple est le guide le plus sûr

    Paix intérieure et force intérieure

    Etoiles qui demeurent sur notre chemin

    Ecoute la Raison, et fais ce qui est juste!

     

    D'après Norman McLeod, homme d'église écossais du XIXème siècle.

  • Deux TikTokeurs belges violent la sécurité du Louvre.

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    Scoop! C'est une blague belge, et elle est bien réelle. 

    Neal et Senne sont deux jumeaux flamands tenant un compte TikTok conjoint. Ils sont spécialistes du coup d'éclat, et un de leur sports favoris est de s'introduire ni vu, ni connu dans des lieux dont la sécurité est supposée inviolable. Ils ont entre autres assisté sans billet à des festivals de rock de renommée européenne comme Rock Werchter, et à la finale de la Ligue des Champions, évènements à grand public hautement médiatisés et sécurisés.

    Cette semaine, ils se sont attaqués à la sécurité du Louvre, qui n'avait guère besoin de ce camouflet supplémentaire. Ils ont peint un faux tableau les représentant tout les deux et ont été l'accrocher dans la salle où se trouve la Mona Lisa.

    Ils ont documenté leur coup d'éclat en vidéo. C'est en néérlandais mais cela n'a pas d'importance: on voit très bien ce qui se passe, nul besoin de sous-titres pour comprendre. On les voit monter le cadre en Lego du tableau au vu et au su de tout le monde, entrer au Louvre avec celui-ci bien en évidence sous le bras, puis accrocher leur oeuvre au mur avant de partir sans être importunés par le moindre garde.

    Si peu de temps après le fameux vol des bijoux, il fallait le faire! Décidément, ce n'est pas un service de sécurité qu'ils ont, au Louvre. C'est une passoire!

    Je me demande si cette facétie va être reprise par nos médias nationaux, et si les deux comparses auront des ennuis avec la justice française. Mais en tout cas, de ce côté-ci de la frontière on rigole bien.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.

     

  • Les dilemmes de la blogueuse expat.

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    Je suis souvent portée sur l'introspection excessive et le coupage de cheveux en quatre, et ce billet en est peut-être un exemple. Vous en jugerez. Ma réflexion du jour est qu'il n'est pas si facile de bloguer sur des sujets politiques lorsque, comme moi, on n'habite pas en France. Pas pour des raisons de compréhension de la situation, mais bien d'éthique et d'honnêteté intellectuelle. Je vous explique.

    Oh bien sûr, je n'ai jamais rompu le contact avec la Mère Patrie. J'ai de la famille en Savoie et en région lyonnaise, ainsi que pas mal d'amis ici et là. Ma meilleure copine, expat elle aussi, est originaire du beau pays de la Loire. Je suis une amie de sa (grande) famille avec laquelle je pars souvent en vacances. On ne peut donc pas dire que je sois larguée de la réalité de mon pays, et les occasions de parler politique ne manquent pas.

    Et pourtant...une certaine déconnexion existe bel et bien. J'observe les évolutions de la situation politique confortablement installée dans mon fauteuil, ici à Bruxelles. Une crise, une réforme, une mesure fiscale ne me frapperont pas directement, et n'auront pas d'incidence sur ma vie quotidienne. Elles en auront pour ma famille et mes amis, certes, mais ma propre situation restera inchangée. Je ne ressentirai pas, dans ma chair et mon esprit, les effets des causes que j'observe.

    A contrario, en ce moment même, l'Etat belge a, lui aussi, les plus grandes difficultés à accoucher d'un budget. Et la nature de ce dernier aura probablement des conséquences dans ma vie de tous les jours. Réflexe bien naturel et humain: je m'en préoccupe beaucoup plus pour l'instant que de celui qui est discuté en ce moment à l'Assemblée Nationale!

    Ce que je veux dire, c'est que mon approche de certaines questions reste forcément en porte-à-faux avec la réalité. Sans vivre directement une situation, il est impossible d'émettre un jugement qui soit autre chose qu'une vue de l'esprit, une approximation théorique. Je me sens un peu comme une nonne à qui on demanderait d'écrire un traité sur la sexualité. Ladite nonne pourrait le faire, son intellect le permet, mais l'aspect empirique de la question serait forcément absent!

    Je ne peux décemment pas m'amener avec mes grosses godasses et expliquer à un pékin pourquoi la réforme Machin-Truc est douloureuse mais nécessaire alors que je n'en ressens pas les conséquences. Car si j'y étais confrontée, j'aurais peut-être un tout autre avis! Cela ne correspond pas à mon éthique personnelle qui est de tâcher de maintenir une certaine honnêteté intellectuelle et de ne pas me poser en Madame Je-Sais-Tout donneuse de leçons. On ne va pas dire à autrui ce qui est bon pour lui alors qu'on n'a jamais goûté soi-même au remède qu'on prétend prescrire!

    Alors oui, je peux vous parler de stratégies de communication politique, comparer des méthodes de gouvernance, chipoter sur un point de la Constitution, débattre sur l'issue d'un procès médiatisé, comparer une idéologie à une autre ou tâcher d'analyser pourquoi une personnalité politique plaît à mes compatriotes alors que telle autre leur file des boutons. Mais entrer dans l'analyse de situations qui nécessitent, pour être totalement comprises, le réglage fin de l'expérience personnelle...j'estime qui faut marcher sur des oeufs afin de ne pas courir le risque de passer pour une sotte en train de jacasser sur des sujets dont elle n'appréhende que la théorie. 

    Cela ne veut pas dire que je ne doive pas avoir d'opinion, ou que je m'interdise totalement de l'exprimer. Mais j'entrerai dans ce genre de discussions - pour peu que j'y entre - avec l'avertissement d'usage suivant: "je garde à l'esprit que mon opinion reste assez théorique, mais je pense que...bla bla bla". La nuance est subtile, mais importante.

    Bien sûr, le fait d'être un peu en retrait offre aussi des avantages, comme de bénéficier du recul, de la hauteur de vue qu'il est impossible d'avoir en étant au coeur de la mêlée. Mais il faut faire attention. Tant qu'une opinion n'a pas été testée au banc d'essai du réel, elle n'est que théorie. Se baser sur cette supposition est l'essence même de la pensée scientifique.

     

    A la revoyure,

    Juliette Evola.